Carinah Mamilalaina Rasoamanarivo
09 Juin 2026•Mise à jour: 09 Juin 2026
Dans la capitale malgache, prendre les transports en commun fait partie des difficultés auxquelles des milliers d’habitants sont confrontés chaque jour. Dès l’aube, les arrêts de bus se remplissent de voyageurs. Élèves, étudiants, salariés et commerçants attendent l’arrivée des « taxibe », le moyen de transport le plus utilisé à Antananarivo.
Aux heures de pointe, les files d’attente deviennent rapidement très longues. Dans certains arrêts, les usagers doivent patienter de longues minutes, parfois plus d’une heure, avant de pouvoir monter dans un bus souvent déjà bondé. Les bousculades sont fréquentes, notamment le matin et en fin d’après-midi.
Myriam, étudiante, connaît bien cette situation. « Chaque jour, nous faisons la queue pendant environ une heure pour prendre le bus. Je pars de la maison vers 6h ou un peu avant, alors que les cours commencent à 7h », raconte-t-elle.
Pour Louis Michel Rasamimanana, géographe et expert en transport, plusieurs raisons expliquent ces difficultés. Les horaires de circulation manquent de régularité. Certains véhicules commencent leurs rotations très tôt, tandis que d’autres n’entrent en service qu’en fin de matinée ou dans l’après-midi.
Le coût du transport reste néanmoins accessible. Le frais de bus s’élève à environ 600 ariary (12 centimes d’euro) en centre-ville et entre 800 (16 centimes) et 1 000 ariary (20 centimes) dans les zones périphériques. Les taxis offrent une autre possibilité, mais leur tarif, avoisinant 10 000 ariary (2 euros) par trajet minimum, dépasse les moyens de nombreux habitants.
À ces difficultés s’ajoutent les embouteillages qui ralentissent fortement la circulation dans la capitale. Des cas de pickpockets sont également signalés autour de certains arrêts de bus très fréquentés.
Le soir, la situation ne s’améliore pas. Les mêmes scènes se répètent : longues files d’attente, tensions entre passagers et difficulté à trouver un bus pour rentrer chez soi après une journée de travail ou d’études. Une fois les véhicules ayant atteint leur quota de versement journalier, certains chauffeurs préfèrent rentrer plus tôt afin d’éviter les embouteillages du soir. D’autres, en revanche, continuent à circuler pour compléter leurs recettes.
(*) Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la ligne éditoriale de l’Agence Anadolu.