Lassaad Ben Ahmed
02 Février 2021•Mise à jour: 03 Février 2021
AA/Kané Illa
Des villageois de Bounti ont affirmé que c'est bien une cérémonie de mariage qui avait été bombardée le 3 janvier dernier par des avions français dans leur village, contredisant, ainsi, la version française qui évoquait une frappe contre des terroristes.
Ces villageois se sont exprimés dans un reportage réalisé par la chaîne de radio française "France culture". Abdoulaye et Boureima, deux habitants de Bounti, ont confirmé au média français que les frappes ont visé une cérémonie de mariage.
"J'étais présent au mariage ce jour-là, quand deux avions sont arrivés, l'un volant à haute altitude et l'autre à basse altitude", précisant avoir perdu plusieurs proches dans les frappes.
Le nommé Boureima a aussi confirmé que les frappes ont visé une cérémonie de mariage, même s'il reconnaît qu'il existait dans le village de Bounti des personnes qui collaboraient avec des groupes terroristes.
Le 3 janvier dernier, des avions de la force française Barkhane ont mené des frappes dans le centre du Mali, tuant plusieurs dizaines de personnes.
Face au tollé des réactions que ces frappes ont suscité, aussi bien au Mali qu'au niveau des organisations internationales de défense des droits de l'homme, la France a indiqué que les frappes ont visé un regroupement des combattants terroristes.
Cette version a été également confirmée par les autorités maliennes. Plusieurs organisations maliennes et internationales de défense des droits de l'homme ont exigé une enquête indépendante pour faire la lumière sur cette affaire.
La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (Minusma) a missionné une équipe d'enquête à travers sa Division des droits de l'homme.
Dans un communiqué publié sur son site, la Minusma a indiqué que son équipe d'enquêteurs a interrogé de nombreux témoins et des blessés à Douentza et Mopti.
Assistée par la Police technique de l'ONU (UNPOL), l'équipe s'est ensuite rendue à Bounti où elle s'est entretenue avec d'autres témoins pour vérifier certaines informations et faire ses constatations qui alimenteront son prochain rapport, a ajouté la Minusma sans préciser la date de publication de ce rapport.
Quelques jours après les faits survenus à Bounti, plusieurs ONG, dont Human Rights Watch (HRW), la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l'Association malienne des droits de l'Homme (AMDH), ont demandé l'ouverture d'une enquête indépendante.