Nadia Chahed
09 Janvier 2018•Mise à jour: 09 Janvier 2018
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
L’ONU a réclamé mardi des autorités congolaises l'ouverture d'une enquête sur les auteurs des violences du 31 décembre, commises par les forces de sécurité, contre des fidèles catholiques qui manifestaient pour demander à Kabila de s'engager publiquement à ne pas briguer un nouveau mandat.
"L'ONU demande des enquêtes nécessaires sur les auteurs des violences", a déclaré devant le Conseil de sécurité à New-York, le secrétaire général adjoint chargé des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Jean-Pierre Lacroix.
Le 31 décembre, le travail des Casques bleus a été "entravé par les forces de sécurité de la RDC" à Kinshasa, a affirmé Lacroix, notant que la situation politique en RDC reste "extrêmement fragile" et "la situation sécuritaire inquiétante".
D'après la nonciature apostolique ( bureau de l'ambassadeur du Vatican en RDC ) au moins 5 personnes sont mortes lors de la dispersion des marches du 31 décembre par les forces de l'ordre. Les organisateurs évoquent, quant à eux, douze morts
Lors des manifestations du 31 décembre, 134 paroisses catholiques ont été encerclées et cinq messes interrompues ou dispersées le 31 décembre par les forces de sécurité congolaises, selon la nonciature.
Au lendemain des faits, l'Archevêque de Kinshasa, Laurent Monsengwo, dénonçait une "barbarie".
"Le dialogue reste la seule voie" pour sortir le pays de la crise", a souligné Lacroix.
S'exprimant à la même occasion, l'ambassadeur de la France à l'ONU, François Delattre, a "fermement condamné les violences" commises par les forces de sécurité.
Il a, en outre, appelé à une application "effective" de l’accord conclu fin 2016 entre pouvoir et opposition sous la médiation des évêques catholiques, tout en mettant en garde contre tout nouveau retard au niveau du calendrier électoral qui programme la présidentielle et les législatives le 23 décembre 2018.
Le gouvernement a félicité, début Janvier, les forces de sécurité qui ont "respecté le mot d'ordre de rigueur, de fermeté et de conformité au droit international humanitaire dans la gestion" des marches.