Esma Ben Said
18 Mai 2018•Mise à jour: 18 Mai 2018
AA / Pascal Mulegwa
La Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), composée de six pays dont cinq sont frontaliers avec la République démocratique du Congo (RDC) qui fait face à une épidémie d’Ebola depuis le 8 Mai, a annoncé être en état de "haute alerte" vendredi, après que l’épidémie s’est déclarée en zone urbaine congolaise.
"Cinq des six États membres partagent une frontière avec la RDC et tous entretiennent des échanges commerciaux avec d’importants trafics transfrontaliers", a indiqué dans un communiqué cette organisation composée de la Tanzanie, l’Ouganda, du Soudan du Sud, Rwanda, Burundi et le Kenya qui n’est pas frontalière avec l’immense RDC, pays aux neuf frontières.
"Ces facteurs font que l’EAC se trouve en état de haute alerte", explique la communauté économique annonçant que ses états membres ont mis en place une "série de mesures de sécurité", incluant notamment l’examen "rapide" de personnes arrivant de la RDC et la "mobilisation" des personnels de santé.
L’épidémie d’Ebola est circonscrite dans la région de Bikoro et la ville de Mbandaka dans le Nord-Ouest congolais - qui n’est pas frontalier aux Etats membres de l’EAC.
"Il y a trop peu de risques que l’épidémie touche des villes lointaines comme Kinshasa ou des pays non frontaliers avec la province de l’Equateur", a déclaré vendredi à Anadolu Julien Raickman, le chef de l’ONG Médecins sans frontières (MSF) en RDC.
L’épidémie d’Ebola a atteint une "nouvelle phase", jeudi après qu'un nouveau cas a été confirmé à Mbandaka, ville de plus d’un million d’habitants.
Les autorités congolaises ont confirmé jeudi soir que 14 personnes sont atteintes par la maladie à Virus Ebola, une personne est morte du virus, alors que 24 autres personnes sont mortes de fièvre hémorragique sans avoir été testées.
"On ne sait pas si ces 24 décès sont liés à Ebola. Plusieurs maladies peuvent déboucher à des fièvres hémorragiques", a précisé Raickman.
Vivement critiquée pour la lenteur de sa réaction face à l’épidémie d’Ebola ayant frappé la Guinée, Liberia et la Sierra Leone entre 2013 et 2016 ( plus de 11 300 morts), l’Organisation Mondiale de la santé (OMS) est trop alarmiste sur la neuvième résurgence d’Ebola en RDC.
Elle a indiqué la semaine dernière qu’elle s’attendait au "pire des scenarios" au Congo-Kinshasa. Elle va décider vendredi à Genève si l'épidémie d'Ebola qui sévit en RDC constitue "une urgence de santé publique de portée mondiale".