Lassaad Ben Ahmed
14 Mai 2018•Mise à jour: 14 Mai 2018
AA / Alger / Tarik Zaidi
Le président du Mouvement de la Société pour la Paix (MSP, d'obédience islamique), Abderazak Makri, a été réélu dimanche, pour un deuxième mandat de cinq ans à la tête du parti à l’issue du 7éme congrès extraordinaire qui s’est tenu pendant trois jours à Alger.
Abderazak Makri a été plébiscité par 73 % des suffrages du « madjliss Echoura » (conseil consultatif) issu du congrès, soit 241 voix sur 326 contre 84 pour son rival, Nâamane Laouar.
Il a été confronté, au fait, à un seul concurrent, après le désistement des deux anciens présidents du parti, à savoir, les ex ministres, Bouguerra Soltani et Abdelmadjid Menasra.
Cette reconduction pour un deuxième mandat successif confirme le choix des militants du MSP, principale formation de l’opposition d’obédience islamique (34 députés), pour demeurer dans l’opposition au pouvoir.
Bien avant la tenue du congrès, deux tendances s’affrontaient au sein du parti : celle incarnée par Makri, plaidant pour un consensus national et refusant d’intégrer le gouvernement pour ne pas « avoir à assumer son échec devant l’opinion » et celle représentée par Bouguerra Soltani qui plaide pour une participation au gouvernement.
Ancien ministre des PME entre 1997 et 1999, puis ministre du Travail et de la sécurité sociale entre 1999 et 2001, Bouguerra Soltani est élu député entre 2001 et 2005 avant d’être nommé ministre d’Etat jusqu’à 2009. Il a présidé le parti entre 2003 et 2013.
Considérant que l’opposition est incapable de créer un rapport de force au sein de la société, Bouguerra Soltani a, dès le retrait du parti du gouvernement en 2012, dans la foulée des « révoltes arabes », plaidé le retour dans les rouages du pouvoir pour défendre son projet.
A l’inverse, Abderazak Makri, 57 ans, médecin de formation, ancien député entre 1997 et 2007, soutient que la place du parti est dans l’opposition.
En 2014, il rejoint la coordination pour les libertés et la transition démocratique (CLTD), une grande coalition de l’opposition algérienne regroupant toutes les tendances politiques, qui réclament l’organisation d’une transition politique.
«Nous allons gérer en tenant compte de l’intérêt de la nation et puis celui du mouvement. Nos positions politiques vont servir l’intérêt de la Nation», a affirmé dimanche à la presse, Abderazak Makri, peu après sa réélection.
Il va y avoir une élection présidentielle en 2019. «Et nous allons dire après le congrès ce que nous avions dit avant le congrès», a-t- il ajouté.
Il a réaffirmé, de nouveau, la volonté de son parti de militer pour la transition politique et économique.
«On va chercher la possibilité de concrétiser le consensus entre tous les Algériens pour une transition politique et économique. Si cela ne sera pas possible, nous allons faire en sorte que la concurrence entre les partis soit une concurrence entre les programmes», a-t-il conclu.
A une question sur la participation à l’élection présidentielle, Abderazak Makri a indiqué que le parti se prononcera "au moment opportun".