Lassaad Ben Ahmed
04 Février 2019•Mise à jour: 13 Février 2019
AA / Bujumbura / Jean Bosco
Le gouvernement burundais rejette en bloc le rapport de dialogue d’Arusha initié en 2015 par la Communauté des Etats d’Afrique de l’est (CAE), a déclaré à la presse locale, dimanche soir, Gaston Sindimwo, premier vice-président du Burundi.
« Nous rejetons en bloc ce rapport parce qu’il fait reculer notre pays en remettant en cause les institutions de la République qui ont été démocratiquement élues », a-t-il déclaré.
Gaston Sindimwo s’exprimait à son arrivée à l’aéroport de Bujumbura après sa participation au 20ème Sommet de la CAE tenu vendredi à Arusha en Tanzanie.
Le président ougandais Yoweri Museveni, médiateur dans la crise burundaise, a présenté aux chefs d’Etat de la CAE le rapport du dialogue inter-burundais d’Arusha.
«Ce rapport recommande notamment la mise en place d’un gouvernement de transition au Burundi, cela est absurde étant donné que nous allons vers de nouvelles élections en 2020 avec une nouvelle Constitution».
Selon le premier Vice-président burundais, les chefs d’États membres de la CAE ont pris acte du contenu du rapport tout en s’engageant à mener d’autres consultations internes entre eux pour déterminer l’étape suivante sur la résolution de la crise burundaise.
Mais pour Bujumbura l’urgence est de préparer les élections de 2020.
« Le Burundi s’attelle uniquement aux préparatifs des élections, tout le reste n’est que distraction », a ajouté le premier vice-président du Burundi.
L’opposition avait demandé des sanctions contre Bujumbura pour amener le président Pierre Nkurunziza à prendre part à des négociations inclusives.
Initié fin 2015 à Arusha, dans le nord de la Tanzanie, le dialogue inter-burundais s’est bouclé fin décembre 2018 par un 5ème round sans résultat palpable.
La facilitation assurée par l’ancien président Benjamin Mkapa n’a jamais pu mettre autour d’une même table le gouvernement et ses opposants radicaux.
Les principaux points de divergence portent, notamment, sur la «levée des mandats d’arrêt et l'amnistie des détenus politiques » et « le dialogue avec les groupes armées».
Depuis près de quatre ans, le Burundi traverse une grave crise politique et sécuritaire, liée au troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, qu’il a brigué en 2015, un mandat jugé illégal par l’opposition et la société civile.
Les violences générées par cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 360.000 personnes à fuir le pays, selon l’ONU et les ONG.