Mohamed Hedi Abdellaoui
11 Mai 2016•Mise à jour: 12 Mai 2016
AA/ Bujumbura/ Nzosaba Jean Bosco
Le nouvel épisode du dialogue inter-burundais est fixé pour le 21 mai prochain à Arusha (Tanzanie).
Dans un communiqué relayé mercredi par la presse locale burundaise, le bureau du nouveau médiateur dans la crise burundaise, Benjamin Mkapa, a informé que « ce rendez-vous a été arrêté de commun accord avec toutes les parties».
Initialement prévue du 2 au 6 mai en Tanzanie, le nouveau round du dialogue politique censé intégrer toutes les parties de la crise burundaise, avait été reporté pour fin mai, selon un communiqué du même médiateur.
Bujumbura se dit prêt pour le dialogue. «Le gouvernement ne peut pas être un obstacle a ce dialogue qui concerne les Burundais de l’étranger, nous sommes prêts », a réitéré, mercredi matin, joseph Butore, deuxième vice-président de la République à son départ pour Kampala, où il participera a l’investiture de Yoweri Museveni, récemment réélu pour un nouveau mandat préisdentiel.
Joseph Butore n’a toutefois pas précisé si le gouvernement acceptera, cette fois-ci, de s’asseoir avec les délégués de l’opposition radicale, notamment ceux qui sont accusés de putsch et d’insurrection.
Dans un communiqué publié le week-end dernier, la plateforme des opposants en exils coalisés au sein du Conseil national pour le respect de l'Accord d'Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi et de l'Etat de droit (Cnared), a annoncé avoir été reçue par le médiateur Mkapa, vendredi. Quelques heures plus plus tôt, le médiateur avait reçu les délégués du gouvernement burundais.
Bujumbura a toujours répété qu’il n’acceptera jamais de s’asseoir avec le Cnared. «Il est hors de question», signifiait le président de l’Assemblée nationale, Pascale Nyabenda, de négocier avec eux.
«C’est comme si quelqu’un qui vous invite à une fête vous fait asseoir avec celui qui a failli tuer votre enfant ou vous-même, celà n'a pas de sens», a-t-il commenté dans une déclaration à Anadolu.
Le Burundi a plongé dans une grave crise, émaillée de violences, depuis le dépôt de la candidature du président Pierre Nkurunziza en avril 2015 pour un troisième mandat qu'il a obtenu en juillet, en violation de la Constitution et de l'accord d'Arusha qui a mis fin à la guerre civile de 1993-2006, selon l'opposition, la société civile et une partie de son propre camp.
Ces violences ont fait depuis un an plus de 700 morts et poussé 273 927 personnes à quitter le pays, selon le dernier rapport du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR, avril 2016). En attendant une éclaircie politique, le pays s’enfonce dans une grave crise humanitaire.