Lassaad Ben Ahmed
23 Avril 2018•Mise à jour: 23 Avril 2018
AA / Bjumbura / Yvan Rukundo
Le président burundais Pierre Nkurunziza, a fixé, lundi par décret, la période de la campagne référendaire, relative à l'amendement de la constitution du 1er au 14 mai prochain. Quant au vote, il aura lieu le jeudi 17 mai.
«La campagne électorale pour le référendum est ouverte le 1er mai 2018 à 6 heure (heure locale) et elle est close le 14 mai 2018 à 18 heure (heure locale)», a-t-il annoncé, dans un décret rendu public lundi et dont Anadolu a reçu une copie.
Le texte précise que toute propagande en dehors de cette période est interdite.
Le décret précise aussi que «seuls les partis politiques régulièrement constitués, ainsi que les indépendants enregistrés à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) sont autorisés à organiser des réunions électorales».
27 partis politiques et une coalition d’indépendants se sont faits inscrits pour prendre part à la campagne référendaire selon la Ceni.
Dans ce décret, le président Nkurunziza a tenu à souligner que la propagande se fait par des discours, messages lus ou chantés ou proclamés publiquement, affichés, distribution de circulaires, réunions et voies de presse et par tout autre signe ou symbole distinctif du parti ou de l’indépendant.
Ainsi, il a appelé au respect mutuel en interdisant dans ce décret, lors de la campagne, des déclarations injurieuses ou diffamatoires par quelque voie que ce soit à l’endroit des partis politiques ou des indépendants.
Des amendes sont également annoncées. Ainsi, selon ce décret, est passible d’une amende de 457 à 2285 dollars américains, toute propagande électorale en dehors de la durée légale de la campagne.
Idem pour tout propos injurieux à l’encontre d’autres partis politiques ou indépendants, tout destructeur d’affiches régulièrement apposés, etc.
Et tout agent public qui fait la propagande pendant les heures de service est puni d’une amende de 114 à 228 dollars américains, a-t-il ajouté.
Contestée par l’opposition, la nouvelle constitution objet de référendum, apporte deux changements majeurs, relatifs au mandat présidentiel qui passera de 5 à 7 ans et sera «renouvelable», alors que l’actuelle constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels consécutifs de 5 ans chacun.
Depuis avril 2015, le Burundi connaît une crise politico-sécuritaire née de la décision de Nkurunziza de briguer un 3ème mandat jugé illégal par l’opposition et la société civile.
Les violences générées par cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 420.000 Burundais à l’exil, selon un rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) publié le 31 mars 2018.