Lassaad Ben Ahmed
02 Mai 2018•Mise à jour: 02 Mai 2018
AA / Bujumbura / Jean Bosco
Les Etats-Unis ont dénoncé la prochaine révision de la Constitution au Burundi, à travers «un processus non transparent», a appris Anadolu d’un communiqué de presse publié mardi soir par le département d’Etat sur son site officiel.
Washington a exprimé ses inquiétudes le jour du démarrage officiel de la campagne référendaire pour la modification de la Constitution.
Laquelle campagne devra s'étaler sur deux semaines (du 1er au 14 mai courant).
«Nous sommes particulièrement préoccupés par le fait que les amendements de la constitution seront interprétés comme une révision des limites du mandat présidentiel et iront à l'encontre de l'Accord d'Arusha», a déclaré dans ce texte, Heather Nauert, porte-parole du département d’Etat.
Les efforts déployés par les autorités burundaises pour réviser la Constitution dans le but de rester au pouvoir au-delà des limites du mandat «affaiblissent les institutions démocratiques».
La nouvelle Constitution à soumettre au vote référendaire le 17 mai apporte, notamment, deux changements majeurs : le mandat présidentiel passe de 5 à 7 ans et il est «renouvelable».
En outre, toute référence à l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi est gommée.
Signé en août 2000 à Arusha au nord de la Tanzanie, cet Accord avait pourtant mis fin à une décennie de guerre civile au Burundi.
L’actuelle constitution en est l’émanation. Elle limite à deux les mandats présidentiels consécutifs de 5 ans chacun.
Washington dénonce aussi les violences dont sont quotidiennement victimes les opposants burundais.
«Nous dénonçons les nombreux cas de violence, d'intimidation et de harcèlement qui ont été commis contre des opposants au référendum».
Les Etats-Unis exhortent Bujumbura à respecter les obligations juridiques internationales.
«Nous appelons le gouvernement à respecter les obligations juridiques internationales du Burundi concernant les droits à la liberté d'expression, de réunion pacifique et d'association».
Cette réforme constitutionnelle est contestée par l’opposition qui demande la poursuite du dialogue inclusif initié à Arusha (Tanzanie) par la Communauté des Etats d’Afrique de l’est (CAE) pour résoudre la crise burundaise.
Le Burundi a plongé, depuis avril 2015, dans une grave crise, émaillée de violences, suite au dépôt de la candidature du président Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat consécutif, en violation de la Constitution et de l'accord d'Arusha qui a mis fin à la guerre civile de 1993-2006, selon l'opposition, la société civile et une partie de son propre camp.
Ces violences ont fait plus d'un millier de morts et poussé plus 427.500 personnes à fuir le pays, selon le rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés publié le 31 mars 2018.