Lassaad Ben Ahmed
01 Avril 2019•Mise à jour: 01 Avril 2019
AA / Bujumbura / Jean Bosco
Un colonel burundais à la retraite, Gérard Haziyo, a été arrêté lundi matin à son domicile situé dans la zone urbaine de Ngagara au nord de Bujumbura, a rapporté le collectif des journalistes SOS-Médias.
«Le Colonel Haziyo, un retraité de l’armée burundaise, a été arrêté ce lundi à 7h à son domicile situé au quartier 6 de la zone de Ngagara, commune de Ntahangwa au nord de la ville de Bujumbura, lors d'une fouille-perquisition».
Selon ses voisins, «deux pistolets, 4 chargeurs, des tenues militaires, une ceinture militaire et une gourde ont été saisis à son domicile».
Il a été embarqué à bord d'un véhicule de la police.
Sur place, plusieurs militaires lourdement armés et des policiers avaient encerclé sa maison.
Soupçonnés d’avoir participé à l’assassinat de l’ancien président burundais Melchior Ndadaye en octobre 1993, les hauts-gradés de l’armée, aujourd’hui à la retraite retraite, sont dans le collimateur de la justice.
En novembre 2018, quatre officiers de l’armée à la retraite ont été arrêtés à Bujumbura. Il s’agit du général Célestin Ndayisaba, des colonels Gabriel Gunungu, Laurent Niyonkuru et Anicet Nahigombeye.
Ils ont été conduits au parquet général de Bujumbura pour interrogatoire, avant d’être acheminés vers les prisons de Muramvya (centre), Gitega (centre) et Rutana (est).
En décembre 2018, la justice burundaise a lancé des mandats d’arrêt internationaux contre 17 personnalités civiles et militaires, dont l’ancien président Pierre Buyoya, dans le cadre de la réouverture d’une enquête sur l’assassinat de l’ex-président burundais Melchior Ndadaye en octobre 1993.
Premier président démocratiquement élu, Melchior Ndadaye avait été tué dans un camp militaire au sud de Bujumbura le 21 octobre 1993, soit trois mois après son élection.
Son assassinat avait été suivi d’une décennie de guerre civile. Des pourparlers de paix ont abouti à la signature de l’accord d’Arusha en août 2000.
Fin avril 2015, le Burundi a replongé dans une nouvelle crise politique et sécuritaire suite à la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un 3ème mandat jugé illégal.