Nadia Chahed
17 Janvier 2017•Mise à jour: 17 Janvier 2017
AA/Bujumbura/Yvan Rukundo
Des représentants de l'opposition et des autorités burundaises se sont réunis lundi à Arusha en Tanzanie, pour évaluer le dialogue inter-burundais et préparer le démarrage d'un nouveau round de concertations, a indiqué à Anadolu, une source de l'opposition présente sur place.
Cette réunion a été convoquée par la médiation dans la crise burundaise, a indiqué à Anadolu, Léonce Ngendakumana, président de l’Alliance des démocrates pour le changement (Adc-Ikibiri- Opposition), qui a pris part à cette rencontre
S'exprimant dans une déclaration à Anadolu, il a précisé que trois facteurs motivent sa présence à Arusha, "il s'agit d'abord de savoir si le facilitateur tanzanien, William Benjamin Mkapa, reconnaît les Accords d’Arusha et la Constitution du Burundi", a-t-il noté.
"Mkapa nous a insultés. Nous voulons avoir des éclaircissements sur ce point ", a poursuivi l'opposant ( en référence à une déclaration du facilitateur où il dit que le troisième mandat brigué par pierre Nkurunziza est bien conforme à la constitution).
C'est également une occasion d'évoquer plusieurs problèmes auxquels fait face le pays et de revenir sur les relations du Burundi avec la Communauté Internationale, a ajouté Ngendakumana.
Sur la liste des invités établie par le bureau de la médiation et dont Anadolu a obtenu une copie, figurent 25 membres de la plateforme de l’opposition radicale, le Conseil national pour le respect de l'accord d'Arusha et de l'Etat de droit au Burundi (Cnared).
Certains de ces opposants ont répondu présents à ce rendez-vous, ce qui a provoqué l’indignation de cette plateforme : "La plateforme de l'opposition radicale Cnared se désolidarise avec trois partis membres qui ont répondu présents à l'invitation de Mkapa",a déclaré lundi, Jérémie Minani,Chargé de la communication de cette plateforme.
Il s'agit du parti Conseil national pour la défense de la démocratie (Cndd) dirigé par Léonard Nyangoma, du parti Front pour la démocratie au Burundi (Frodebu) de Frédéric Bamvuginyumvira et de l'Alliance démocratique pour le Renouveau ( ADR) d'Alice Nzomukunda, a poursuivi Minani dans une déclaration à Anadolu.
Selon lui "ces partis ont violé le règlement et le code de conduite de cette plateforme".
"Les 25 membres du directoire du Cnared ont, tous, été conviés à cette réunion mais, ils ont refusé cette offre excepté ces trois partis", a-t-il relevé.
Mkapa a annoncé, lundi dans l'après-midi, que la prochaine session du dialogue inter-Burundais à Arusha est prévue pour février prochain, a rapporté Ikiriho, un journal pro-gouvernemental tanzanien, dans une publication sur Twitter.
Le Burundi traverse une grave crise politique émaillée de violences, depuis le dépôt de la candidature du président Pierre Nkurunziza en avril 2015 pour un troisième mandat controversé.
Nkurunziza a été reconduit à la tête de l’Etat en juillet de la même année, en violation de la Constitution et de l'accord d'Arusha qui a mis fin à la guerre civile de 1993-2006, selon l'opposition, la société civile et une partie de son propre camp dont son ancien porte-parole Léonidas Hatungimana, son 2ème vice-président Gervais Rufyikiri et l’ancien président de l’Assemblée nationale Pie Ntavyohanyuma.
Cette crise a déjà fait plus de 1000 morts et poussé plus de 332000 personnes à l’exil d'après un rapport de l’Office des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), publié le 31 décembre 2016.