Slim Jerbia
30 Juin 2017•Mise à jour: 02 Juillet 2017
AA/Abidjan/Fulbert Yao
Un détenu, proche de l’ancien président Laurent Gbagbo, qui purgeait une peine pour des délits liés à la crise postélectorale 2010-2011, est décédé dans une prison d'Abijdan, a appris vendredi Anadolu de source juridique.
Il s’agit du deuxième décès de prisonniers pro-Gbagbo en un mois, selon des sources judiciaires.
« Tode Bonfils qui souffrait d’hypertension, se serait plaint, selon ses codétenus, de violents maux de tête pendant la nuit (de jeudi à vendreid) avant de se retrouver dans un état comateux. Il a donc été conduit à l’infirmerie de l’établissement pénitentiaire. Le médecin-chef a alors délivré un bulletin d’évacuation au CHU de Yopougon (banlieue d'Abidjan). Malheureusement, le condamné a rendu l’âme pendant les formalités d’évacuation», indique un communiqué du ministère de la justice ivoirien.
Bonfils (ex-militaire), était détenu depuis 2012, puis jugé et condamné le 10 mars 2015 par la Cour d’Assises d’Abidjan, à 10 ans de prison, pour « atteinte à la défense nationale ».
Comme lui, le 20 mai, Jean Kouatchi, un ancien gendarme condamné à 10 ans de prison pour « attentat ou complot contre l’autorité », lors de la crise postélectorale, est décédé dans des conditions similaires, avait rapporté la presse proche de l’opposition.
La crise post-électorale, déclenchée par le refus de l’ex-président, Laurent Gbagbo, de reconnaître une victoire de son rival Alassane Ouattara à la présidentielle de novembre 2010, a fait plus de 3.000 morts en cinq mois, selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies (ONU).
Laurent Gbagbo est écroué depuis la fin 2011 à La Haye, où il est jugé par la Cour pénale internationale pour “crimes contre l’humanité” présumés commis lors de cette même crise.
En mai 2016, le président de la République Alassane Ouattara avait déclaré, lors d’une allocution qu’il n’y avait pas de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire.