Lassaad Ben Ahmed
30 Septembre 2018•Mise à jour: 01 Octobre 2018
AA / Yaoundé / Peter Kum
Les gouverneurs des régions anglophones du Nord-ouest et du Sud-ouest du Cameroun ont, chacun, signé un arrêté instaurant un état d’urgence de 48 heures dans les deux régions en crise depuis octobre 2016.
Cette restriction dans les deux régions anglophones est entrée en vigueur dimanche et se poursuit jusqu’à lundi.
«De jour comme de nuit», elle implique en particulier l'interdiction des transports «publics et privés» ainsi que «la fermeture des entreprises et des débits de boisson».
Les «mesures spéciales» prises par le gouvernement par crainte de violences qui pourraient être provoquées par les sécessionnistes anglophones, lundi, incluent également la «suspension d'activités de loisirs, qu'elles soient culturelles, sociales ou sportives».
Pendant cette période du couvre-feu, « les rassemblements publics et les réunions de plus de quatre personnes seront strictement interdites», a fait savoir le communiqué des gouverneurs des régions anglophones.
Le communiqué, émis samedi, ajoute que la circulation des motos est «complètement suspendue» dans les deux régions.
Ce couvre-feu intervient alors que les séparatistes anglophones entendent «célébrer» le premier anniversaire de la proclamation symbolique de l'«indépendance» du présumé Etat d’Ambazonie, le 1er octobre 2017.
Malgré ce couvre-feu, les sécessionnistes ont annoncé sur leur chaîne de propagande, la Southern Cameroun Broadcasting Television (SCBTC), des manifestations le 1er octobre, à travers les deux régions en crise pour célébrer leur «indépendance».
La réunification de la partie anglophone et la partie francophone du Cameroun a eu lieu le 1er octobre 1961.
Ce 1er octobre 2018, les sécessionnistes ont promis, malgré le couvre-feu, de célébrer cette « indépendance » dans les villes et villages des deux régions anglophones.
Le 1er octobre 2017, les séparatistes anglophones avaient déclaré leur "independence".
Ils avaient organisé des marches pacifiques malgré la restriction du gouvernement central. Plusieurs civils et membres de forces de sécurité avaient trouvé la mort dans des affrontements entre les deux groupes.