Lassaad Ben Ahmed
09 Octobre 2017•Mise à jour: 10 Octobre 2017
AA/Yaoundé/Aurore Bonny
Une anthologie en cours d’élaboration par les écrivains camerounais paraîtra en 2018 pour montrer qu’il existe d’autres manières d’aborder la crise anglophone, a appris, lundi, a déclaré au correspondant d’Anadolu, un écrivain camerounais.
Selon les propos exprimés à Anadolu par Raoul Djiméli, l’un des trois écrivains initiateurs de ce projet, il s’agit d’un recueil de textes littéraires accordant un intérêt aux multiples parties actives autour de la crise dite anglophone. Il s’emploiera à diversifier les lectures de la crise.
Le projet est ouvert aux camerounais présents sur le territoire national et ceux de la diaspora. Les écrivains sont appelés à produire des textes jusqu’à la fin de l’année 2017, afin que l’Anthologie paraisse en mars 2018.
L’homme des lettres Raoul Djimeli pense que même si cet engagement littéraire ne résoudra pas la crise, il attirera l’attention du peuple en détrompant l’opinion qui l’assimile à «une petite querelle entre anglophones et francophones».
Le recueil de textes rassemblant diverses empreintes d’écriture, vise à montrer qu’il existe d’autres manières d’aborder le malaise actuel du Cameroun. Par la même occasion, il donnera la possibilité aux Camerounais de s’interroger sur leur patriotisme face aux tensions sociales.
Considérant le sujet de la crise anglophone comme un tabou pour les chercheurs africains, Raoul Djimeli espère que l’élaboration de ce bouquin, les encouragera à dépasser la peur de s’exprimer sur la question anglophone. Il se dit d’ailleurs, déjà satisfait d’un écho positif prouvé par la réception de quelques textes.
«Nous avons reçu des textes. C'est cela l'écho que nous recherchons. L'écrivain parle avec les textes. Les autres parleront à partir de ce que diront les textes», a-t-il confié à Anadolu.
Cependant, l’homme des lettres a tenu à préciser à Andalou que, cette anthologie, n’a rien à voir avec un projet politique et qu’elle est loin de rendre la crise anglophone officielle ou légitime.
«La crise sera officielle, lorsque l'Etat prendra publiquement le peuple camerounais à témoin pour reconnaitre le problème. Jusqu’ici, la crise est gérée dans l’ombre. C’est pour cela que chacun se fait sa petite opinion sur le sujet. Les culpabilités ne sont pas établies et le peuple est manipulé. La vérité étant dissimulée de toutes parts», a-t-il expliqué à Anadolu.
Il faut préciser que la parution de cette anthologie en mars 2018, n’est que la première étape d’un grand projet constituant également un ensemble de mouvements de sensibilisation et d’autres initiatives encore à l'étude par les écrivains camerounais pour solutionner la tension anglophone au Cameroun.
Rappelons que le 1er Octobre dernier, aucune sécession prévue par les séparatistes camerounais n’a eu lieu, malgré les manifestations. Mais la tension reste palpable face au gouvernement qui multiplie les incitations au dialogue.
A cet effet, le ministre de la Communication camerounais, Issa Tchiroma Bakary, a rappelé, dans une interview télévisée accordée la semaine écoulée, que ce dialogue doit cependant se conformer aux normes constitutionnelles du pays.