Cameroun : un militaire décapité par des séparatistes anglophones
- Alors que des élections législatives partielles se déroulaient dans 11 circonscriptions anglophones.Lassaad Ben Ahmed
22 Mars 2020•Mise à jour: 23 Mars 2020
CameroonAA / Yaoundé / Peter Kum
Un militaire a été tué et décapité, dimanche, par un groupe armé du mouvement sécessionniste anglophone dans la ville de Bamenda, a appris Anadolu du gouverneur de la région.
« Un caporal de l’armée a été tué, décapité et le corps jeté dans un carrefour à Bamenda (chef-lieu du Nord-Ouest). Le soldat avait été porté disparu samedi soir et son corps a été découvert dimanche matin », a indiqué à Anadolu, le gouverneur de la région anglophone du Nord-Ouest, Adolphe Lélé Lafrique.
Son assassinat n’a pas été revendiqué mais les autorités du Nord-Ouest sont convaincues qu’il a été tué par les sécessionnistes qui avaient annoncé des menaces contre les élections partielles qui se déroulent ce 22 mars dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Le gouverneur du Nord-Ouest relève, par ailleurs, que les séparatistes ont attaqué, samedi, un convoi du personnel en charge d’organiser les élections, Elections Cameroun (Elecam).
« Le convoi dans lequel se trouvait le député de Batibo ainsi que le personnel d’Elections Cameroun, a été attaqué par des séparatistes, samedi, dans la localité de Ngugong située dans l’arrondissement de Batibo, Nord-Ouest. Des militaires et deux membres d’Elections Cameroun ont été blessés par balles », a souligné à Anadolu, le gouverneur de la région.
Il indique, par ailleurs, que les véhicules dudit convoi ont été arrosés de plusieurs balles, mais l’attaque a été repoussée par l’escorte de l’armée.
Depuis janvier 2017, la formation de groupuscules sécessionnistes se multiplie dans les deux régions anglophones. Ils profitent de la situation pour radicaliser la population avec l’appui d’une partie de la diaspora anglophone.
« Si le risque de partition du pays est très faible, celui d’une résurgence à moyen terme du problème sous forme de violence armée est élevé, car certains de ces groupuscules appellent désormais à la violence », a relevé International Crisis Group dans un rapport en octobre 2019.
Dans son rapport publié en février 2020, l’ONG Human Rights Watch a souligné que’«au cours des trois dernières années, les régions anglophones du Cameroun ont été impliquées dans un cycle de violence qui a fait plus de 3 000 morts, a contraint 679 000 personnes à fuir leurs maisons et a privé 600 000 enfants d’accès à l’éducation ».