Nadia Chahed
26 Juin 2017•Mise à jour: 26 Juin 2017
AA/Barazzaville/Rosie Tshanda
Le mouvement citoyen "Ras-le-bol" a lancé, lundi à, Brazzaville, la capitale congolaise, une campagne d’éveil de conscience et de sensibilisation dénommée "Prenons-nous en charge" en vue d'interpeller l'opinion publique sur la précarité de la vie et d'appeler au boycott des prochaines élections législatives et locales prévues le 16 juillet prochain.
Contacté par Anadolu, Charlin Kinouani, coordonnateur adjoint de ce mouvement a précisé que cette campagne a été lancée pour favoriser "la prise de conscience citoyenne sur la précarité de la vie au quotidien le tribalisme…. ".
Cette séance de sensibilisation, lancée au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Brazzaville, a également été une occasion pour les initiateurs d'appeler au boycott des prochaines élections législatives et locales prévues le 16 Juillet prochain.
"Nous sommes préoccupés par la situation générale du pays qui a cessé d'être un État où tous les citoyens jouissent de leur droit. Il faut que la justice à deux vitesses cesse. Au Congo il y a une justice pour frapper les plus pauvres, et une justice qui n'existe pas du tout pour les riches, les forts", a dénoncé Franck Nzila Malembe, coordonnateur de "Ras-le-bol".
Le choix du CHU de Brazzaville pour la tenue de cette campagne n’est pas du à un hasard, précisent les organisateurs. En effet, le mouvement citoyen voulait ainsi, soutenir un récent audit réalisé par le Cabinet audit, de conseil et gestion (CACOGES), dénonçant des "dysfonctionnements en tout genre" dans le fonctionnement et la gestion de ce plus grand centre hospitalier du Congo.
" Le CHU est devenu un mouroir où l'on enregistre chaque jour ou presque, entre 25 et 30 morts du fait de l'arrêt des services et de plusieurs appareils. C'est aberrant", a déploré Charlin Kinouani.
" Il faut dénoncer le comportement des gestionnaires actuels. Cela fait beaucoup de temps qu’ils sont au pouvoir, mais la situation des Congolais ne change guère. Il est temps que cette classe politique soit renouvelée. Mais, il faut qu’il y ait des gens qui ont le courage de le faire savoir", a déclaré un des citoyens présents lors du lancement de la campagne.
Le gouvernement congolais n'a pour sa part, fait aucune déclaration au sujet de cette campagne, lundi jusqu'à 17h GMT.