Mohamed Hedi Abidellaoui
12 Mai 2017•Mise à jour: 12 Mai 2017
AA/ Abidjan (Côte d'Ivoire)/ Fulbert Yao
Des tirs ont été entendus dans la nuit de jeudi à vendredi à Bouaké, ville située dans le centre de la Côte d’Ivoire et point de départ des mutineries qui ont secoué le pays en janvier dernier, ont rapporté à Anadolu des témoins oculaires.
« A Bouaké, il y a eu effectivement des tirs cette nuit. Mais pour l’heure les choses se sont calmées. Ce sont des militaires qui tiraient », a confié un habitant de la ville, joint par téléphone, sans donner les raisons de ce mouvement.
Confirmant les faits, un autre habitant joint par téléphone a affirmé : « Des tirs ont été entendus au 3ème bataillon dans la nuit de jeudi à vendredi. Pour l'heure tout est calme, les corridors sont ouverts ». Il a, ensuite, indiqué que les tirs ont retenti après la déclaration des militaires mutins de renoncer a des primes.
Jeudi soir, lors d’une rencontre avec chef de l’Etat Alassane Ouattara, les représentants des 8400 soldats qui se sont mutinés en janvier dernier ont indiqué « avoir renoncé à toute revendication d'ordre financière », et présenté «leurs excuses» au chef de l’Etat.
Le président ivoirien, Alassane Ouattara, a rappelé au cours de cette rencontre que les événements de janvier dernier l’ont « meurtris » et lui ont « véritablement fait mal». Il s'est dit confiant que les militaires seront désormais « exemplaires » et que « la discipline sera leur première priorité».
Il a en outre demandé que la mutinerie ne « se reproduise plus », appelant à une armée républicaine, forte, soudée, et respectée et promis malgré les difficultés budgétaires que connait la Côte d’Ivoire d’améliorer les conditions de vie et de travail des militaires.
Pour sa part, le ministre de la Défense, Alain Richard Donwahi, a annoncé une série de mesures visant à améliorer les conditions des militaires. Il a, en effet, annoncé que « le bail de logement a été fixé à 20.000 FCFA (33 USD) pour chacun des soldats, policiers et gendarmes, cette mesure sera effective dès le 1er janvier 2018, donc intégrée au budget de l’Etat de 2018 ». Il a aussi annoncé que l’avancement en grade des soldats se fera désormais chaque quatre ans au lieu de sept ans et qu’il est aussi prévu la construction de nouvelles casernes dans chaque région militaire.
Les mutins qui avaient ébranlé le pays en janvier, sont des soldats issus de l’ex-rébellion des Forces nouvelles ayant intégré les Forces républicaines de Côte d’Ivoire. Les Forces nouvelles de Côte d'Ivoire (FNCI) étaient une coalition de mouvements rebelles qui contrôlaient principalement la partie nord de la Côte d'Ivoire entre 2002 et 2007.