Lassaad Ben Ahmed
26 Janvier 2018•Mise à jour: 26 Janvier 2018
AA / Abidjan / Fulbert Yao
Quelques 578 kg d'ivoire d’éléphant et plus d’une demi tonne d'écailles de pangolin ont été saisis à Abidjan, a annoncé jeudi l’ONG Eagle-Côte d’Ivoire, spécialisée dans la lutte contre le trafic d’espèces protégées, dans un communiqué.
Outre les ivoires et les écailles, quatre armes illégales, des peaux de panthère, quelque 400 objets sculptés en ivoire et d'autres objets de contrebande ont également été saisis, a indiqué l’ONG dans le texte transmis à Anadolu, soulignant que les écailles saisies représentent le massacre de 3.000 pangolins.
Dans le cadre de cette opération, six contrebandiers : deux Ivoiriens, deux Vietnamiens, un Chinois et un Guinéen ont été arrêtés.
Le chef de cette bande est un Vietnamien. Il est «directement lié à deux autres opérations qui ont eu lieu au Vietnam et au Cambodge, au cours desquelles respectivement 619 kg et 941 kg d’ivoire ont été saisis par les autorités», a mentionné l’ONG.
Le mode opératoire du gang consistait à creuser des bûches de bois, à y cacher de l'ivoire et à remplir l'espace restant avec de la cire.
Les rondins étaient ensuite refermés avec de la colle, mélangés avec du bois normal, et expédiés dans des conteneurs vers l'Asie.
La même méthode a été observée dans des saisies au Kenya et au Mozambique où plus de deux tonnes d'ivoire ont été saisies.
Au moins quatre pays africains (Kenya, Mozambique, Ouganda, Côte d'Ivoire) et deux pays asiatiques (Cambodge, Vietnam) sont concernés, faisant de ce réseau criminel un groupe extrêmement important dans le trafic d'espèces sauvages, a expliqué l’ONG.
Le gang opère dans au moins sept pays différents et pratiquerait aussi la traite des personnes à des fins de prostitution en Chine en se servant de faux passeports, a fait savoir l’ONG Eagle.
Les présumés trafiquants vont être transférés vendredi au parquet d'Abidjan où ils seront jugés, d'après la même source.
S’ils sont reconnus coupables, ils risquent une peine d’emprisonnement ferme allant de trois mois à deux ans, avec une amende de 300.000 à 3 millions de francs CFA (566 à 5660 dollars), selon l’ONG.