Fatma Bendhaou
26 Novembre 2020•Mise à jour: 26 Novembre 2020
AA/ Abidjan/ Fulbert Yao
Trois cadres du parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), arrêtés le 3 novembre à la résidence de l’opposant Henri Konan Bédié à Abidjan, suite à la création du «Conseil national de transition» par l’opposition au terme de l’élection présidentielle, ont été libérés dans la nuit de mercredi à jeudi, a-t-on appris de sources proches du parti.
Il s’agit des sénateurs Seri Bi N’Guessan et Bassy Koffi ainsi que de Valérie Yapo, secrétaire exécutive du PDCI chargée de la Francophonie.
Avant eux, cinq proches de Bédié avaient été libérés entre le 11 et le 15 novembre. A ce jour, restent détenus Maurice Kakou Guikahué, secrétaire exécutif en chef du PDCI et N’dri Pierre Narcisse, secrétaire exécutif, porte-parole du parti. Le président du Front populaire ivoirien, Pascal Affi N’guessan est également encore détenu ainsi que des centaines de civils arrêtés pour des violences meurtrières.
Le 21 novembre dernier, Henri Konan Bédié avait conditionné la reprise du dialogue entamé le 11 novembre dernier avec le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, à la libération des cadres du PDCI, ainsi que celle de Pascal Affi N’Guessan.
Si certains observateurs saluent ce geste de décrispation, des opposants et acteurs de la société civile se montrent sceptiques et disent s’attendre à plus.
Dans une déclaration à Anadolu, le Secrétaire général de l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d'Ivoire (UDPCI), Jean Blé Guirao a demandé la libération de tous les prisonniers de «manière totale ».
« Nous ne demandons pas de libérer les gens de manière séquentielle mais plutôt de manière globale. Nous ne comprenons pas ce qui se passe. Et nous ne sommes pas partants », a réagi l’opposant, joint par téléphone.
Quant à Boga Sako Gervais, président de la Fondation Ivoirienne pour l'observation et la surveillance des Droits de l'Homme et de la vie Politique (FIDHOP), il dit prendre acte, « sans pour autant s'en réjouir outre mesure »
« Nous avons la preuve que le pouvoir fait un chantage honteux à l'opposition ; et c'est vraiment déplorable » a-t-il affirmé.
« L'opposition, à travers le président Henri Konan Bédié a donné son accord pour un dialogue avec l'ex président Ouattara, certes. Mais à la condition préalable que les leaders de l'opposition soient tous libérés. Et ceci est non négociable », a-t-il déclaré à Anadolu.