Lassaad Ben Ahmed
29 Mai 2018•Mise à jour: 29 Mai 2018
AA / Abidjan / Fulbert Yao
Une vingtaine d'étudiants ivoiriens ont été arrêtés par la police à Abidjan en marge d'une grève dite de «boycott du système éducatif», initiée lundi par la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire ( FESCI) et qui se poursuivait, mardi, a-t-on appris de source syndicale.
«Des camarades ont été interpellés à Abidjan. Nous dénombrons environ 21 étudiants », a indiqué le Bureau national de la Fesci, dans un communiqué rendu public lundi soir.
«Les forces de l'ordre ont exercé une violence inacceptable sur des étudiants sans défense et usé de leurs armes à feu dans des écoles», a dénoncé la Fesci, soulignant qu’«aucun cadre de négociation n'est ouvert à ce jour».
Lundi, plusieurs étudiants, se réclamant de la Fesci, avaient perturbé les cours dans les différentes universités à Abidjan, notamment à l’Université Felix Houphouet Boigny de Cocody (Est Abidjan), à l’Université Nangui Abrogoua (nord d’Abidjan) ainsi que dans les quatre autres universités publiques à l’intérieur du pays et dans plusieurs établissements secondaires.
Le syndicat réclame une série de revendications dont notamment : «la réhabilitation des cités dont les travaux devraient débuter en 2018, la livraison des cités universitaires de Korhogo (Nord) et Man (Ouest) prévue en début d’année, l’établissement de la connexion internet dans toutes les universités publiques et cités universitaires, la suppression des frais annexes dans les lycées et collèges ».
«Nous demandons au gouvernement de prendre nos revendications en compte et aux forces de l'ordre d'arrêter cette barbarie sur les innocents», a poursuivi la Fesci, dans son communiqué.
Vandalisées pendant la crise postélectorale ivoirienne de décembre 2010 à avril 2011, les universités publiques ivoiriennes et certaines cités ont été entièrement réhabilitées pour environ 200 millions de dollars.
Mais quelques infrastructures sont vite tombées en ruine ou mal entretenues.
Cette grève des étudiants se déroule en même temps que celle du principal syndicat des enseignants des universités publiques, la CNEC (Coordination nationale des enseignants-chercheurs et chercheurs).
La CNEC exige la « revalorisation des primes de recherches, de l’habilitation » et « la démission du président de l’université de Cocody » le professeur Abou Karamoko, avait récemment indiqué le secrétaire général, Johnson Zamina Kouassi, à la presse.