France : le G5 Sahel se réunit à Pau le 13 janvier 2020 (Macron)
Le président français, Emmanuel Macron, a reconnu que le colonialisme « fut une erreur profonde, une faute de la République » tout en rejetant les accusations sur d’éventuelles volontés néo-coloniales de l’Hexagone.Lassaad Ben Ahmed
22 Décembre 2019•Mise à jour: 23 Décembre 2019
FranceAA / France / Fawzia Azzouz
Le président français Emmanuel Macron a annoncé samedi soir depuis Abidjan, au cours d’une conférence de presse conjointe avec son homologue ivoirien Alassane Ouattara, qu’il réunira le G5 Sahel à Pau (sud-ouest), le 13 janvier prochain.
Ce sommet extraordinaire vise à aborder la poursuite de l’opération Barkhane et obtenir « plus de clarté » quant aux positionnements politiques des pays du G5 Sahel (Tchad, Niger, Mauritanie, Mali, Burkina Faso).
« D'un point de vue stratégique, l'opération Barkhane est pleinement justifiée », a plaidé le chef de l’Etat.
Il estime toutefois que « les conditions politiques ne sont plus partout pleinement remplies », pour maintenir les forces de l’opération Barkhane.
Emmanuel Macron s’est dit « clair sur les intentions de la France » mais a prévenu que « si cette clarté politique n'est pas établie, la France dans certains pays y tirera toutes les conséquences ».
S’agissant des critiques sur la présence français en Afrique et sur le sentiment anti-français, le Président a reconnu que le colonialisme « fut une erreur profonde, une faute de la République » tout en rejetant les accusations sur d’éventuelles volontés néo-coloniales de l’Hexagone.
« Parfois les jeunes reprochent à la France des troubles, des difficultés qu'ils ont pu vivre, auxquelles la France ne peut rien. Alors, je sais, on est parfois la cible toute désignée, c'est plus simple. Quand c'est difficile, on dit que c'est la France », a lancé le chef de l’Etat.
S’agissant des remises en question de la présence des militaires français, Emmanuel Macron a expliqué qu’il ne peut « pas demander à nos soldats de prendre des risques pour lutter contre le terrorisme et la sécurité de pays et, de l'autre côté, d'avoir des opinions publiques de ces mêmes pays qui croient à des contre-vérités auxquelles on leur laisse croire».
C’est dans ce contexte qu’il avait déjà convoqué un sommet du G5 Sahel à Pau, en décembre dernier, réclamant de la « clarté », avant de l’ajourner suite à l’attaque terroriste qui a tué 71 soldats nigériens a Inates (ouest du Niger), mi-décembre.
Emmanuel Macron leur rendra d’ailleurs hommage ce dimanche à Niamey avant de regagner Paris au terme de ces trois jours de visite en Afrique, où il a rencontré les troupes françaises en Côte d’Ivoire vendredi à l’occasion du repas de Noël.