Slim Jerbia
30 Juin 2017•Mise à jour: 04 Juillet 2017
AA/Paris/Esma Ben Said
Trois associations françaises ont saisi la justice et porté plainte contre la banque BNP Paribas pour « complicité de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre » dans le cadre du génocide rwandais.
L’association anticorruption Sherpa, le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR) et Ibuka France ont annoncé jeudi qu’elles déposaient une plainte avec constitution de partie civile visant le groupe bancaire français qui aurait contribué au financement d’un achat illégal de 80 tonnes d’armes en provenance des Seychelles, à destination du Rwanda en juin 1994, malgré un embargo sur les armes voté par l’ONU le 17 mai 1994, ont révélé les médias français « Franceinfo » et « Le Monde ».
La banque avait alors débloqué 1,3 million de dollars, à la demande de la Banque nationale du Rwanda, d’après les mêmes sources.
Le siège de la BNP Paribas, joint par Anadolu, a refusé de commenter ces accusations jusqu’à vendredi matin.
Près de 25 dossiers liés au génocide au Rwanda sont actuellement instruits en France, où plusieurs auteurs présumés du génocide auraient trouvé refuge, selon les mêmes médias.
Entre avril et juillet 1994, plus de 800.000 personnes, majoritairement des Tutsis (ethnie minoritaire), mais aussi des Hutus (communauté majoritaire) et des membres d’autres ethnies, ont été systématiquement assassinées au Rwanda, selon l’ONU.