Lassaad Ben Ahmed
15 Septembre 2020•Mise à jour: 16 Septembre 2020
AA / Tunis
L’opposant rwandais de nationalité belge, Paul Rusesabagina, a été inculpé lundi pour 13 chefs d'inculpation, dont « meurtre » et « terrorisme », a-t-on appris de sources concordantes, mardi.
Largement médiatisée par la presse internationale, l’arrestation puis l’inculpation de l’opposant Paul Rusesabagina a fait tache d’huile dans l’actualité africaine, pour des faits qui remontent à l’année 2018.
Le parquet rwandais accuse Paul Rusesabagina d’avoir un lien, en effet, avec des attaques menées en 2018 et attribuées au Conseil national pour le Renouveau et la Démocratie, dont Rusesabagina est cofondateur.
« L’accusation explique avoir obtenu des preuves sur les appareils de l’accusé, dont une partie aurait été fournie par la police belge, lors d’une perquisition à son domicile cette année », a ainsi rapporté RFI.
Pour sa part, le président rwandais Paul Kagamé affirmait dans une déclaration le 6 septembre, que « Rusesabagina dirige un groupe de terroristes qui ont tué des Rwandais. Il devra payer pour ces crimes. Rusesabagina a le sang des Rwandais sur les mains ».
Né d’un père hutu et d’une mère tutsie, Paul Rusesabagina avait fui le Rwanda pour s’installer en Belgique en 1996, après avoir sauvé la vie à plus de 1200 Hutus en les abritant à l'hôtel des "Mille collines" qu'il dirigeait. Il avait obtenu la nationale belge à cette époque.
Selon Human rights watch, qui redoute un procès non équitable pour l’opposant Rwandais, son arrestation fin août à Dubaï et son transfert vers Kigali sont souillés de doutes, bien que les autorités rwandaises affirment que Rusesabagina est rentré de son propre gré au Rwanda.
« Le fait que le Rwanda n’ait pas appréhendé Paul Rusesabagina en utilisant une procédure d’extradition légale suggère que les autorités ne pensent pas que leurs preuves ou les garanties d’un procès équitable résisteraient à l’examen d’un tribunal indépendant, les amenant à choisir de contourner l’état de droit », a indiqué HRW sur son site le 4 septembre, quelques jours après l’arrestation de Paul Rusesabagina.
« Le retour à première vue forcé et illégal de Rusesabagina au Rwanda s’inscrit dans un contexte de répression bien documenté des critiques du gouvernement rwandais, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays », a affirmé HRW.