Nadia Chahed
13 Juin 2019•Mise à jour: 14 Juin 2019
AA/Tunis
L'envoyé spécial de l'ONU au Mali, Mahamat Saleh Annadif, a estimé qu'il fallait arrêter le cycle infernal de la violence si l’on veut que l’espoir d’un retour à la paix dans ce pays se concrétise.
"La lueur d’espoir qui pointe à l’horizon ne pourra se transformer en véritable opportunité sans une accélération dans la maîtrise de la situation sécuritaire, notamment au centre " du pays, a déclaré Annadhif, mercredi, lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la situation au Mali, à laquelle participait le ministre malien des Affaires étrangères, Tiébélé Dramé, précise l'ONU dans un communiqué.
Le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali a, en outre, estimé que ce qui s’est passé dans la nuit du dimanche 9 au lundi 10 juin dans le village de Sobame dans la région de Mopti ( centre) rappelle la gravité de la situation, notamment après les massacres de Koulougon et de Ogossagou, respectivement le 1er janvier et le 23 mars 2019, toujours dans la région de Mopti.
"Le cycle infernal de la violence qui se poursuit doit être arrêté au risque que chacun soit tenté de se faire justice lui-même", a-t-il encore dit, soulignant l’importance de la lutte contre l’impunité.
Annadhif a, par ailleurs, salué l’affectation d’un Procureur de la République à Mopti ainsi que les récentes arrestations opérées par l’Etat malien. Il a aussi salué le travail d’enquête considérable effectué par la division des droits de l’homme de la Mission des Nations Unies au Mali (MINUSMA).
L’envoyé de l’ONU a, en outre, noté que le processus de paix au Mali était entré dans une nouvelle phase avec la nomination, le 22 avril 2019, d’un nouveau Premier ministre, Boubou Cissé, et la signature le 2 mai d’un accord de politique de gouvernance entre la majorité et l’opposition démocratique. Cela a été suivi de la formation le 5 mai d’un gouvernement d’ouverture.
"Ce développement qui place la mise en oeuvre de l’Accord (de paix et de réconciliation) comme priorité ouvre également la voie à la création d’un consensus politique plus large autour des réformes politiques et institutionnelles", a estimé M. Annadif. Il s’est également félicité de l’adoption par le gouvernement du projet de loi portant création de la zone de développement du Nord.
Le gouvernement malien a décrété mercredi soir un deuil national de trois jours en mémoire du massacre qui a visé le village de Sobame faisant 35 morts selon le dernier bilan officiel.