Nadia Chahed
23 Mai 2019•Mise à jour: 26 Mai 2019
AA/Tunis
Des habitants de Bamako, ont entamé mercredi un sit-in de 48 heures pour protester contre l’installation dans la capitale malienne du nouveau quartier général de la force conjointe du G5 Sahel, ont rapporté jeudi des médias locaux et étrangers.
Le quartier général de cette force de lutte contre le terrorisme, lancée en 2017 par le G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad), à Sévaré, dans le centre du Mali, a été visé le 29 juin 2018 par une attaque terroriste et transféré ensuite à Badalabougou, un quartier de Bamako, rappelle le site "Journal du Mali".
Après avoir barré la route menant au QG, situé au pied d’une colline, les manifestants ont installé une habitation de fortune devant l’entrée, rapporte la même source.
Les Bamakois contestent l’installation du siège de cette force dans la capitale malienne par crainte d’attaques terroristes dont les premières victimes seraient les citadins. Ils estiment en outre que la place d’une telle force est le nord du pays où sévissent encore plusieurs groupes armés, indique encore le média malien.
"Ils sont venus ici pour prendre les populations comme bouclier, afin de se défendre contre les terroristes, nous nous disons non", déclare un manifestant cité par Radio France Internationale (RFI).
"On veut qu’ils s'en aillent pour aller au nord", déclare une responsable de l’association des épouses de militaires maliens au média français.
Dans son dernier rapport sur la force G5 Sahel, publié le 6 mai, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres fait état de la signature d’un accord avec les autorités maliennes "par lequel un siège provisoire a été mis à la disposition de la force conjointe au mess des officiers à Badalabougou", précise le site "Journal du Mali".
Bien que le budget de cette force de 5.000 hommes ait été bouclé lors de réunions de donateurs internationaux, les fonds tardent à arriver et empruntent des canaux multiples, à la fois multilatéraux et bilatéraux, précise le média malien, ajoutant "qu'en deux ans cette force a mené une série d’opérations, sans réel impact sur le terrain".
Créé en 2014 à Nouakchott (Mauritanie) le G5 a réactivé en 2017 avec l’appui de la France, son projet de force conjointe de lutte contre le terrorisme, initialement lancé en 2015, indique encore le média malien, précisant que cette décision a été motivée par la dégradation de la situation dans le centre du Mali, limitrophe du Burkina Faso et du Niger, également touchés par les violences terroristes.