Nadia Chahed
15 Septembre 2020•Mise à jour: 15 Septembre 2020
AA/Tunis
Une délégation de la junte militaire qui dirige actuellement le Mali sera reçue mardi à Accra, au Ghana, par les chefs d’Etats et du gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), ont rapporté des médias maliens.
"Les travaux porteront sans nul doute sur la transition au Mali", précise le site Malije, rappelant que les contours de cette transition ont été dégagés lors des concertions nationales tenues du 10 au 12 au Centre international de conférence de Bamako (CICB).
A l’issue des concertations nationales, une Charte de la transition a été adoptée par les forces vives de la nation. Cette charte fixe la durée de la transition à 18 mois, indique le même média. Cette transition sera dirigée par un président et un vice-président qui seront désignés par un collège mis en place par le Comité national pour le salut du peuple (CNSP), selon la Charte.
Les recommandations issues des concertations nationales ont été contestés par le Mouvement du 5 juin qui a amplement contribué à la chute de l’ancien président. Le M5 accuse, en effet, la junte d’avoir manipulé les résultats de la rencontre en sa faveur.
Au lendemain du coup d'Etat mené par les militaires et la déchéance du président Ibrahim Boubacar Keïta, la CEDEAO a pris une série de sanctions contre le Mali, rappelle Malijet citant, entre autres, la "fermeture de toutes les frontières terrestres et aériennes ainsi que l’arrêt de toutes les transactions financières et de tous les flux économiques et commerciaux entre les pays membres et le Mali, sauf pour les denrées de première nécessité, les médicaments et autres produits et équipements de lutte contre la covid-19, les produits pétroliers et l’électricité, et invitent tous les partenaires à faire de même".
Les chefs d’Etat de la CEDEAO avaient également demandé la " mise en œuvre immédiate d’un ensemble de sanctions contre tous les militaires putschistes et leurs partenaires et collaborateurs".
Lors d'un mini-sommet tenu le 28 août 2020, la CEDEAO conditionnait la levée de ses sanctions par la mise en œuvre de certaines mesures qui sont entre autres : la nomination d’un Président civil chargé de diriger la transition. La nomination d’un Premier Ministre civil chargé de conduire le gouvernement sous la responsabilité du Président de la transition, la mise en place rapide d’un gouvernement pour faire face aux différents défis du Mali et, en particulier, préparer les élections législatives et présidentielles dans un délai de 12 mois, rapporte encore le média malien.
Le 7 septembre 2020, lors de son 57ème sommet ordinaire tenu à Niamey au Niger, la CEDEAO dit avoir pris note des consultations en cours entre les acteurs maliens, initiées par le CNSP. "La Conférence demande que le Président et le Premier ministre de la transition, tous deux civils, soient désignés au plus tard le 15 septembre 2020", indiquait la CEDEAO dans son communiqué final.
Ainsi, la rencontre entre la CEDEAO et la junte militaire au Mali prévue ce mardi 15 septembre 2020 à Accra devrait revenir sur ces différents points.