Lassaad Ben Ahmed
23 Août 2020•Mise à jour: 24 Août 2020
AA/Kané Illa
Une mission de médiation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (Cédéao) dans la crise sociopolitique au Mali a rencontré, samedi, les membres de la junte militaire ayant pris le pouvoir à Bamako.
La mission "conduite par l’ex-président nigérian, Goodluck Jonathan, est arrivée samedi à Bamako et s’est entretenue avec les dirigeants du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), mis en place par les militaires pour diriger le pays", a rapporté l’Agence malienne de presse (AMAP, officielle).
La délégation a aussi rencontré le président déchu Ibrahim Boubacar Keïta, a ajouté la même source, précisant qu’aucune déclaration n’a été faite à l’issue des deux rencontres.
Ce dimanche, la mission de la Cédéao aura d’autres rencontres avec les ambassadeurs des pays permanents au Conseil de sécurité de l’Onu basés au Mali, à savoir, la France, des États-unis d’Amérique, de la Russie, du Royaume Uni et de la Chine.
C’est la première fois qu’une mission de la Cédéao se rend au Mali depuis le coup d’Etat du 18 août courant qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta et consacré l’arrivée au pouvoir d’un groupe de militaires dirigé par le Colonel Assimi Goïta.
Réunis en visioconférence jeudi, les chefs d’États des pays de la Cédéao avaient condamné le coup d’Etat et exigé la libération et le rétablissement du président Keïta dans ses fonctions.
Ils ont aussi décidé de la fermeture des frontières entre leurs pays et le Mali, ainsi que l’arrêt des flux économiques, commerciaux et financiers.
Le Mali fait face, depuis quelques mois, à une crise sociopolitique. Des partis politiques, des organisations religieuses et de la société civile, regroupés au sien d’un cadre dénommé «Mouvement du 5 juin - Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP)» avait initié des manifestations pour exiger la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta accusé de «mauvaise gestion».
En dépit de la médiation entreprise par la Cédéao et l’Onu, la situation s’est détériorée. Le 18 août, des militaires ont arrêté le président Keïta, son premier ministre, Boubou cissé et d’autres membres du gouvernement, qu’ils ont conduits dans la caserne de Kati, près de Bamako.
C’est de son lieu de détention que le président Keïta annonça sa démission, ainsi que la dissolution de l’Assemblée nationale et du gouvernent.
Quelques heures après, l’armée annonça la mise en place du «Conseil national pour le salut du peuple (CNSP)» chargé de conduire le Mali vers une transition civile et l’organisation de nouvelles élections.