Mhamed Bakaye
03 Avril 2026•Mise à jour: 03 Avril 2026
AA / Nouakchott / Mhamed Bakaye
La Mauritanie a indiqué faire face à une pression croissante liée à l’accueil d’environ 400 000 réfugiés, « ce qui constitue une forte contrainte sur des ressources limitées et les services de base », dans un contexte de défis sécuritaires accrus et de flux migratoires irréguliers.
Ces propos ont été tenus par le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, lors de sa participation par visioconférence à la 43ᵉ session du Conseil des ministres arabes de l’Intérieur, qui s’est achevée tard mercredi soir.
Il a précisé qu’environ 110 000 réfugiés originaires du Mali voisin vivent depuis plus de 15 ans dans le camp de Mbera, à l’est du pays, auxquels s’ajoutent près de 300 000 réfugiés hors camp, « ce qui exerce une forte pression sur les ressources et les services essentiels ».
Le ministre a également souligné que la position géographique de la Mauritanie, relativement proche de l’Europe, la place en première ligne des flux migratoires, notamment en provenance des zones frontalières en crise.
Les réfugiés maliens affluent en Mauritanie depuis 2012, à la suite de la crise sécuritaire ayant touché le nord du Mali, en particulier la ville historique de Tombouctou, qui était alors passée sous le contrôle du groupe « Al-Qaïda au Maghreb islamique ».
Malgré l’annonce par le Mali de sa disposition à accueillir de nouveau ces réfugiés, la plupart refusent de rentrer, invoquant l’instabilité persistante ainsi que la dégradation des conditions sécuritaires et de vie.
Depuis 2012, le Mali traverse une série de crises sécuritaires et politiques. En août 2020 et en mai 2021, le pays a connu deux coups d’État militaires menés par un groupe d’officiers.
*Traduit de l'arabe par Wafae El Baghouani