Yosra Ouanes
09 Janvier 2018•Mise à jour: 09 Janvier 2018
AA/ Tataouine (Tunisie)/ Haithem Mahdhi
Le Premier ministre tunisien, Youssef Chahed, a déclaré mardi, que son gouvernement se déclare prêt pour écouter quiconque proteste d’une manière pacifique.
Le chef du gouvernement tunisien s’exprimait en marge d’une visite qu’il a effectuée mardi matin à la ville de Remada relevant du gouvernorat de Tataouine (Sud), en vue d’inspecter les travaux des unités de sécurité à la frontière avec la Libye.
Chahed, a affirmé que : "Ce à quoi on a assisté lundi soir, ce ne sont pas des protestations mais des gens qui volent, pillent, vandalisent et agressent les Tunisiens et la démocratie".
"Dans les démocraties, il n’y a pas de manifestations nocturnes. Le droit de manifester est garanti par la loi. Ceux qui ont recours à la violence seront combattus par la loi", a-t-il lancé.
Par ailleurs, le ministère de l'Intérieur a arrêté 44 personnes sur fond d'actes de sabotage et de vol perpétrés, lundi soir, dans différentes régions de la Tunisie.
Plus tôt dans la journée du mardi, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Khalifa Chibani, a déclaré que "les événements qui ont eu lieu en Tunisie, lundi, portent une dimension criminelle qui n'a rien à voir avec la démocratie et les revendications sociales".
Au cours des deux derniers jours, des appels ont été lancés via les réseaux sociaux dans le but de manifester à Tunis et dans plusieurs régions du pays "en signe de protestation contre la hausse des prix, introduite par la nouvelle loi de finances de 2018, et pour réclamer le développement des régions défavorisées de l’intérieur "
Pour faire face à la situation économique jugée «très difficile» que traverse le pays, le gouvernement a adopté dans la loi de finances entrée en vigueur le 1er janvier 2018, des réformes «douloureuses mais nécessaires» afin de réduire les déficits du budget de l’Etat (6% du PIB en 2017) qualifiés par les experts d’«alarmants».
Les nouvelles mesures portant sur l’augmentation des prix des carburants et autres produits (forfaits internet, parfums, carte de recharge, produits de maquillages… ) considérés comme «non essentiels» et introduisant de nouvelles taxes, ont provoqué une flambée des prix et porté un coup dûr au pouvoir d’achat des classes sociales pauvres et moyennes.