Nadia Chahed
11 Septembre 2020•Mise à jour: 11 Septembre 2020
AA/Bangui/Sylvestre Krock
A une quinzaine de jours de la convocation du corps électoral centrafricain par le président de la République Faustin Touadéra, le 27 septembre prochain, le recensement électoral ne s’est toujours pas achevé, fait qui laisse prévoir un glissement du calendrier électoral selon des observateurs de la scène politique centrafricaine.
Selon la présidente de l’Autorité nationale des élections (ANE), Marie Madeleine Kouet, cette opération n’a pu être conduite à terme dans trois préfectures sur seize ainsi que pour les électeurs de l’étranger.
Les missions d’enrôlement à l’étranger étant prévues pour le mois d’octobre prochain.
Ces déclarations ont été faites par la présidente de l’ANE au cours d’une récente rencontre avec la Cour constitutionnelle consacrée à cet effet.
Le juge constitutionnel a relevé, à cette occasion, l’illégitimité de toute opération d’enrôlement au-delà de la date de convocation du corps électoral.
Le rapport de la rencontre ANE-Cour constitutionnelle recommande, à cet effet, à l’Autorité électorale de déposer officiellement un rapport sur la situation auprès du ministère de l’Administration du territoire, afin d’enclencher la procédure de glissement du calendrier électoral.
Jeudi 10 septembre 2020, le président Touadéra a accordé une audience à la Coalition de l’opposition démocratique COD-2020.
Selon les déclarations de Me. Nicolas Tiangaye, porte-parole de cette coalition, le président Touadéra s’est réservé le droit de ne se prononcer sur le mémorandum de l’opposition que sur la base du rapport de l’ANE.
Dans son mémorandum, l’opposition a demandé la convocation d’une concertation des forces vives de la nation au sujet des élections présidentielle et législatives prévues le 27 décembre prochain.
Dans la même journée, Touadéra a accordé une autre audience à trois anciens chefs d’Etat, à savoir Bozizé, Djotodia et Nguendet, mais rien n’a filtré sur cette audience.
Dans les prochains jours, le rapport de l’ANE sera déterminant et décisif pour la suite du processus électoral. Les grandes inconnues étant l’acceptation ou non par Touadéra de la convocation de la concertation des forces vives de la nation, ainsi que le format et du contenu de ces assises si jamais elles sont organisées.