Fatma Bendhaou
10 Décembre 2020•Mise à jour: 10 Décembre 2020
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
La police congolaise a mobilisé des centaines de ses éléments pour empêcher des militants pro-Kabila et pro-Tshisekedi d’accéder au siège du Parlement où se tient une plénière au cours de laquelle les députés d’opposition et ceux du camp de l’actuel président entendent faire tomber le bureau de l’Assemblée nationale à l’issue d’un vote.
Le siège du parlement est complètement quadrillé par les unités de la police mobilisées pour barrer la route aux militants qui veulent investir l’Assemblée nationale, a constaté Anadolu. Sans banderoles ni insignes, les militants du camp du président Félix Tshisekedi scandaient des chants hostiles au camp de son prédécesseur Joseph Kabila.
Peu avant midi, la police les a dispersés à l’aide de gaz lacrymogène. L’un des commandants des opérations de police a affirmé à Anadolu que « les instructions ont été données pour éviter toutes casses », après que des députés ou leurs militants se sont rangés en bataille mardi dans la salle de plénière.
A leur passage, avant d’accéder au palais du peuple, certains députés pro-Kabila se sont fait hués par les militants du camp adverse, a constaté Anadolu.
Des pétitionnaires chargent les 6 membres du bureau de l’Assemblée nationale d’avoir bloqué plusieurs initiatives capitales pour la bonne marche de la nation et de ne pas être en cohésion avec les « aspirations du peuple »
Une bagarre rangée avait éclaté mardi au siège du parlement lorsque des pro-Tshisekedi voulait tenir une plénière afin de destituer le bureau contrôlé par les pro-Kabila.
Un bureau provisoire, composé du doyen des élus et des deux jeunes députés, avait été mis en place pour présider la plénière de ce jeudi.
L’enjeu est de taille pour les pro-Tshisekedi, qui veulent démontrer l’appui d’autres forces au sein de l’Assemblée nationale, au lendemain de l’annonce du président Félix Tshisekedi de vouloir trouver une nouvelle majorité, faute de quoi il se réservait la possibilité de dissoudre l’Assemblée.
Le camp Kabila, le front commun pour le Congo (FCC), a appelé les pro-Tshisekedi à tirer toutes les conséquences de la fin de la coalition, en quittant le gouvernement et autres institutions.
L’émissaire des Nations Unies en RDC, Leilla Zerrougui, a averti lundi devant le Conseil de sécurité que la RDC « ne peut pas se permettre une crise institutionnelle grave ».
Si « cette situation politique délicate persistait », a-t-elle poursuivi, elle « pourrait avoir des répercussions sérieuses sur la situation économique et sécuritaire du pays ».