Lassaad Ben Ahmed
16 Novembre 2021•Mise à jour: 17 Novembre 2021
AA / Gbadolité – Bangui / Pascal Mulegwa
L’agence des Nations Unies pour les réfugiés a ouvert, lundi, un pont aérien entre la province ce du Nord – Ubangi, dans le Nord – ouest de la République démocratique du Congo (RDC) et la capitale centrafricaine, Bangui, pour rapatrier environ 6000 volontaires ayant accepté de regagner leur pays.
Lundi dans l’après-midi, une quarantaine de réfugiés du camp Inké à une quarantaine de kilomètres de la ville de Gbadolité, chef – lieu de la province du Nord – Ubangi, a embarqué à bord d’un vol humanitaire des Nations Unies pour la capitale Bangui, a constaté sur place le correspondant de l’Agence Anadolu qui a fait le déplacement.
« Le rapatriement volontaire symbolise l’autodétermination des réfugiés qui ont librement choisi de retourner chez eux », a déclaré à l'Agence Anadolu, Liz Ahua, chef du HCR en RDC.
Les réfugiés regagnent les préfectures Lobaya et Ombala – Amboko, a-t-elle ajouté, affirmant que 453 réfugiés du camp Inké qui abrite environ 20 000 Centrafricains seront concernés par ces rapatriements jusqu’en décembre.
C’est depuis les évènements de 2012 et 2013 que de nombreux Centrafricains ont afflué vers la RDC, la majorité traversant la rivière Ubangi à Bord de pirogues de fortune.
La RDC est « reconnue pour son hospitalité légendaire. Ces citoyens ont fui les exactions et supplices de tout genre dans leur pays », a souligné le vice – ministre de l’Intérieur et de la sécurité, Jean – Claude Mulipe, venu assister au rapatriement.
« Beaucoup reste à faire au regard des chiffres”, d’après le ministre, qui a également accompagné le premier convoi des réfugiés jusqu’à Bangui.
De nombreux réfugiés « ne veulent pas regagner le pays car les nouvelles qui nous viennent de là ne sont pas bonnes. La situation reste préoccupante. Il faut une stabilité minimale avant de rentrer car ils risquent encore de retourner ici, si les violences reprennent dans leurs préfectures », a déclaré Vianney Bengayé, représentant des réfugiés du camp Inké.
Le HCR a prévu de fournir aux rapatriés des vivres et des fonds de survie pour quelque six mois. Les réfugiés ont été accueillis dans leur pays, à l’aéroport de Bangui M’POKO par les autorités, dont le ministre centrafricain de la Justice, Djoubaye Abazène.
Malgré la persistance des violences, le ministre a noté une « amélioration » de la situation sécuritaire dans le pays « grâce aux efforts du gouvernement ».
Il a appelé ses compatriotes à regagner le pays. « Notre pays est fabuleux. Il y a de la place pour tout le monde », a souligné Djoubaye Abazène.
D’après le HCR, quelque 206 346 réfugiés centrafricains vivent dans des camps et avec des communautés d’accueil dans les provinces du Nord-Ubangi, du Sud-Ubangi et du Bas-Uele en RDC.
Les opérations de rapatriement ont débuté en novembre 2019 après la signature d’un accord entre les deux pays et le HCR à Kinshasa en juillet de la même année.
Elles ont été interrompues en mars 2020 après que les deux pays ont fermé leurs frontières pour éviter la propagation de la Covid-19.
Les opérations ont à nouveau été reportées en décembre 2020 suite aux violences liées à l’élection présidentielle en Centrafrique.