Nadia Chahed
10 Juin 2020•Mise à jour: 10 Juin 2020
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Au moins dix civils ont été tués dans une nouvelle attaque perpétrée par des miliciens en Ituri, une province du nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), a appris l'agence Anadolu d'une source administrative locale.
Munis d’armes blanches et à feu, des miliciens de la Coopérative pour le développement du Congo (Codeco) ont investi le village Lenga dans le territoire de Djugu, au cœur de la province de l’Ituri, a précisé à Anadolu, Alfred Bongalangwa, administrateur du territoire de Djugu, fief de ce groupe armé.
Dix civils ont été tués lors de cette attaque, a ajouté le responsable local
Confirmant le bilan, Ndjali Lenga, chef du groupement des Bahema Badjere dont relève la localité Lenga, a précisé que 5 enfants font partie des victimes.
Par ailleurs 150 habitations ont été incendiées par les assaillants, a ajouté la même source qui déplore l'absence de l'armée dans cette localité "en dépit des multiples alertes" adressées aux autorités de la province.
Les corps des victimes ont été retrouvés abandonnés par terre dans la localité qui s'est vidée de ses habitants, a ajouté Lenga.
Situé au bord du lac Albert qui sépare la RDC de l’Ouganda, le territoire de Djugu en Ituri est depuis décembre 2017 le théâtre de l’activisme du groupe armé Codeco.
Les violences ont provoqué le déplacement de 200.000 personnes d'après l'agence des Nations unies pour les réfugiés.
Les victimes sont majoritairement des membres de la communauté Hema (éleveurs et commerçants), selon un rapport de l'ONU publié en janvier.
Dans ce document, l’ONU affirme que ces civils semblent avoir été visée en raison de leur appartenance à la communauté Hema (au moins 402 membres de cette communauté tués entre décembre 2017 et septembre 2019).
L'un des enjeux majeurs du conflit en Ituri est le contrôle des terres par les Lendu, majoritairement agriculteurs, selon l’ONU.
Outre les Hema, les violences ont affecté les membres des communautés Alur, Mambisa, Nyali et Ndo-Okebo, jusque-là épargnées, a affirmé en mai dernier le bureau conjoint de l’ONU aux droits de l’homme (BCNDUH), précisant que ces attaques contre les civils se sont intensifiées à partir du mois de mars 2020, notamment autour des sites miniers artisanaux, et se sont étendues aux territoires de Mahagi et d’Irumu, toujours en Ituri.