RDC / Ebola : 1000 cas dus à la violence armée
Selon le ministère congolais de la SantéLassaad Ben Ahmed
09 Juin 2019•Mise à jour: 11 Juin 2019
Congo, The Democratic Republic of the
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
La violence armée ciblant les équipes médicales de la riposte contre l'épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola dans les provinces du Nord- Kivu et en Ituri (Est de la RDC) a empêché le bon déroulement de la lutte contre la maladie entre les mois de mars et mai derniers, causant la contamination de 1000 personnes en dix semaines, d'après le ministère congolais de la Santé.
La Conséquence de cette violence armée est que "1000 nouveaux cas ont été enregistrés ces 10 dernières semaines alors que le cap des 1000 premiers cas a été atteint en 33 semaines (8 mois)", a écrit le ministère, dans son bulletin de la situation épidémiologique, publié samedi soir.
"Chaque attaque armée ciblant la riposte et chaque suspension des activités ont conduit à une augmentation des cas d’Ebola les 10-15 jours suivants", ajoute la même source.
Déclarée en août 2018, cette épidémie a déjà franchi la barre de 2000 cas pour 1 381 décès, selon les chiffres officiels, en date du 7 juin.
La République démocratique du Congo (RDC) fait face à sa dixième épidémie d'Ebola, une première dans sa façade orientale infestée d'une centaine de groupes armés.
Si depuis la première épidémie en 1976 la RDC parvient régulièrement à contenir facilement Ebola, l'insécurité régnante dans la région explique la persistance de la présente épidémie.
Les groupes armés détruisent les centres de traitement d'Ebola et tuent des agents de santé.
En avril dernier, un médecin camerounais déployé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a péri à Butembo, dans une attaque perpétrée par les miliciens Maï Maï, alors que qu'il était en réunion avec ses collègues.
"Le virus se propage quand les équipes sont dans l'incapacité de faire ces activités pour diverses raisons (refus de la famille, insécurité, fuite du malade... etc)", explique le ministère.
"Afin de briser la chaîne de transmission du virus Ebola, une série d'activités doivent être réalisées autour de chaque malade d'Ebola", ajoute la même institution qui orchestre la riposte.
Les autorités congolaises se sont félicités d'avoir réussi à contenir géographiquement l’épidémie à seulement deux provinces de la RDC alors que, sur une même période, "l’épidémie d’Afrique de l’ouest avait atteint 9 pays.".
A ce jour, 11 des 22 zones de santé touchées n'ont plus rapporté de cas d'Ebola pendant plus de 21 Jours.
La neutralisation des groupes armés est considérée ainsi comme impératif pour une riposte efficace contre Ebola en RDC.
Au cours d’une rencontre à Kinshasa les 5 et 6 juin, les chefs des services de renseignements de quatre États de la sous-région des Grands lacs africains (Rwanda, Ouganda, RDC et Tanzanie) ont annoncé, vendredi, "une action régionale coordonnée et concertée" contre des rébellions et groupes armés actifs dans l'est de la RDC.