Lassaad Ben Ahmed
09 Mai 2019•Mise à jour: 10 Mai 2019
AA / Tunis
Le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Antonio Guterres, a exprimé sa préoccupation quant à la propagation de la maladie mortelle Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo, qui a dépassé la barre symbolique de 1000 morts, en moins de dix mois.
Gueterres s’exprimait dans un communiqué, émis par son département de communication, mercredi, appelant les Etats membres et les organisations partenaires à « veiller à ce que les agences participant à la riposte à l’épidémie Ebola (…) disposent des ressources nécessaires pour éliminer la maladie mortelle ».
Selon le dernier bilan officiel, arrêté mercredi, la fièvre hémorragique mortelle Ebola a touché un total de 1600 personnes, dont 1534 sont des cas confirmés et 66 autres probables. Parmi ces personnes infectées, 1069 personnes sont décédés, alors que 442 autres sont guéries.
La campagne de vaccination qui a démarré le 8 août 2018, soit une semaine après le déclenchement de cette maladie à Beni, province Nord-Kivu, a touché plus de 112 mille personnes, selon un nouveau bilan arrêté le 8 mai courant.
Mais l’Organisation mondiale de la Santé, qui pilote la riposte, déplore un certain ralentissement de ses activités de lutte, notamment en raison des violences et de la réticence des populations.
Les locaux dédiés au traitement des personnes infectées, ont été attaqué à plusieurs reprises par des groupes armés. Un médecin camerounais faisant partie des équipes de riposte a été tué lors d'une attaque contre l'hôpital de Butembo le 19 avril dernier.
L’OMS souligne que c’est la première fois que le virus Ebola se propage dans une zone de conflit.
L’OMS a déploré également un important déficit de financement. Un appel avait été lancé depuis avril dernier par Tedros Adhanom Ghebreyesus, DG de l’OMS pour « combler l’important déficit de financement ».
C’est ce qu’a également reconnu le SG de l’ONU, précisant que : « À ce stade critique, des ressources supplémentaires sont nécessaires ».
Le DG de l’OMS avait estimé que 104 millions de dollars étaient nécessaires pour poursuivre la riposte.
« Au départ nous avions besoin d’un total de 145 millions de dollars pour financer la réponse jusqu’au mois de juillet. À ce jour, nous n’avons reçu que 74 millions de dollars", avait-il déclaré lors d'une conférence de presse tenue le 12 avril à Genève.
A ce montant manquant sont venus s'ajouter des "coûts supplémentaires inattendus de 30 millions de dollars ", avait-il ajouté, d'où le montant total de 104 millions de dollars, nécessaire pour poursuivre la riposte.
La RDC fait face à sa dixième épidémie d'Ebola, depuis la découverte du virus sur son territoire en 1976.
L'actuelle épidémie est la plus meurtrière de l'histoire du pays et la deuxième au monde, après celle qui avait frappé l'Afrique de l'ouest en 2014, faisant 11 000 victimes parmi 29 000 patients.