Ben Amed Azize Zougmore
14 Mai 2026•Mise à jour: 14 Mai 2026
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
L’Organisation non gouvernementale Human Rights Watch a accusé jeudi les rebelles du mouvement M23 et les forces rwandaises d’avoir commis de graves exactions lors de l’occupation de la ville d’Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo.
Dans un rapport de 26 pages intitulé « “Nous sommes des civils !” : Meurtres, violences sexuelles et enlèvements commis par le M23 et les forces rwandaises à Uvira », l’ONG affirme que le groupe armé « soutenu par Kigali » a mené « une occupation abusive » de cette ville du Sud-Kivu entre le 10 décembre 2025 et le 17 janvier 2026.
Selon Human Rights Watch, les combattants du M23 et les forces rwandaises ont exécuté sommairement plus de 50 civils lors d’opérations de porte-à-porte, violé au moins huit femmes et fait disparaître de force au moins 12 personnes.
Le rapport, fondé sur plus de 120 entretiens réalisés en mars et avril 2026, documente également des tirs contre des civils tentant de fuir la ville lors de la prise d’Uvira.
« Après avoir pris le contrôle d’Uvira, les combattants du M23 et les forces rwandaises sont allés de porte en porte pour tuer sommairement des hommes et des garçons et ont commis des viols et des enlèvements », a déclaré Philippe Bolopion, directeur exécutif de Human Rights Watch.
L’ONG appelle à l’ouverture d’enquêtes pénales, notamment par la International Criminal Court, afin que « ces crimes ne restent pas impunis ».
Human Rights Watch affirme également que des fosses communes subsistent dans plusieurs secteurs de la ville et demande aux autorités congolaises de faciliter les enquêtes indépendantes et la protection des témoins.
Le rapport souligne enfin que les États-Unis ont imposé, le 2 mars dernier, des sanctions contre l’armée rwandaise et certains de ses commandants pour leur rôle présumé dans la prise et l’occupation d’Uvira.
L’ONG affirme également qu’aucune suite n’a été donnée à sa demande de communication des conclusions préliminaires du rapport.
Pour l’heure, aucune déclaration ou réaction officielle relative à ce sujet n’a été faite par le gouvernement rwandais.
La situation sécuritaire dans l’est de la RDC reste marquée par de vives tensions entre les forces gouvernementales et les rebelles de l’AFC/M23, que Kinshasa, l’ONU et plusieurs capitales occidentales accusent d’être soutenus par le Rwanda, ce que Kigali dément.