Nadia Chahed
21 Janvier 2018•Mise à jour: 22 Janvier 2018
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
L'accès à Internet a été coupé en République démocratique du Congo (RDC), quelques heures avant les marches anti-Kabila, prévue dimanche dans tout le pays à l'appel du Comité laïc de coordination , a constaté le correspondant d'Anadolu.
Les forces de l'ordre étaient, en outre, déployées en masse dans les principales artère de la capitale Kinshasa, dimanche matin. Des barrages ont en outre, été érigé dans plusieurs artères de la ville, où des contrôles d'identité étaient opérés.
La coupure d'Internet a commencé samedi à 23h45, heure locale, sans qu'aucun préavis ne soit communiqué aux utilisateurs, a rapporté le correspondant d'Anadolu.
Interrogé à ce propos par Anadolu, un responsable de la compagnie de française de télécommunication Orange opérant en RDC, a indiqué "nous ne fournissons pas d'internet. Il a été coupé" , sans donner plus de détails sur les raisons de la coupure ni sur les délais du rétablissement de la connexion.
Aucune déclaration n'a été faite par Kinshasa à ce sujet.
Quelques heures avant la mobilisation du 31 décembre, également initiée par le Comité laïc, le gouvernement avait, dans un courrier, exhorté les opérateurs de téléphonie mobile à "suspendre jusqu’à nouvel ordre" SMS et internet pour des "raisons de sécurité d’État".
Cette marche avait été interdite par les autorités et violemment réprimée par les forces de sécurité à Kinshasa. Six manifestants dont 4 paroissiens avaient été tués, selon l'Église.
Le Comité laïc de coordination a appelé à une nouvelle mobilisation d'envergure ce dimanche 21 janvier, pour exiger le départ de Kabila et son engagement à ne pas briguer un nouveau mandat ainsi que la libération des prisonniers politiques et la fin de l’exil des opposants menacés d’arrestation à leur retour au pays.
Les autorités de Kinshasa ont interdit les nouvelles marches de ce dimanche.
La Mission onusienne en RDC (Monusco) a, de son côté, appelé les autorités congolaises à respecter le droit de manifester des citoyens - prévenant que ses enquêteurs et observateurs seront "sur terrain" dimanche pour rapporter "d'éventuelles violences et violations des droits de l’homme", selon un communiqué publié vendredi soir et dont Anadolu a reçu copie.
Le chef de la communauté islamique en RDC, Cheik Ali Mwinyi a, lui aussi, exhorté Kinshasa à "ne pas réprimer les marches" des catholiques - estimant qu’elles relevaient d’un droit constitutionnel.
La principale coalition de l'opposition, le Rassemblement des forces acquises au changement, avait adhéré jeudi à cette initiative, appelant le peuple congolais à se mobiliser massivement dimanche.
Elle a, en outre, exhorté la Cour pénale internationale (CPI), l'ONU et l’Union africaine, à "mettre en garde le régime kabila contre toute forme de violence" et dans le cas échéant "d’enclencher les mécanisme d’inculpation du régime pour crimes contre l’humanité".