Mohamed Hedi Abidellaoui
11 Avril 2017•Mise à jour: 11 Avril 2017
AA/ Kinshasa/ Pascal Mulegwa
Washington a fait part, mardi, de sa déception, après la nomination vendredi dernier de Bruno Tshibala au poste de Premier ministre par le président Joseph Kabila.
« Les États-Unis réitèrent leur déception du fait que les signataires de l'accord du 31 décembre ne soient pas en mesure de parvenir à un accord sur la sélection d'un nouveau Premier ministre, conformément à l'accord en question», lit-on dans un communiqué du département d'Etat américain, dont Anadolu a eu copie.
Insistant sur l'application « complète et rapide » par le gouvernement de la RDC de l'accord politique de sortie de crise, conformément à la résolution 2348 du Conseil de sécurité de l'ONU, Washington a, en outre, exprimé son incertitude quant à l'engagement de Kinshasa à mettre en œuvre l'accord et à organiser des élections d'ici la fin de 2017.
« Les États-Unis exhortent le gouvernement de la RDC et les dirigeants de l'opposition à s'abstenir de toute déclaration ou action susceptible d'inciter à la violence. Les États-Unis restent prêts à imposer des restrictions aux individus - qu'ils soient du gouvernement ou de l’opposition - qui sapent les institutions démocratiques de la RDC », poursuit le département d’Etat dans le même communiqué.
Cette indignation du gouvernement américain fait suite à celles exprimées par la Belgique et l'Union européenne (UE) qui ont dénoncé la nomination de Bruno Tshibala, « contrairement à la lettre et à l'esprit de l'accord de la Saint-Sylvestre ».
Contacté par Anadolu mardi, le porte-parole de la majorité présidentielle, Alain Atundu, a dénoncé une « ingérence étrangère » dans les affaires d’un pays souverain. « Ces agitations étrangères ne vont rien changer, le choix est déjà fait et ces réactions n'ont aucun sens », a déclaré Atundu.
Mercredi dernier, le président Joseph Kabila déclarait dans son discours aux députés et sénateurs réunis en congrès « qu'aucune ingérence étrangère ni dans son pilotage, moins encore dans son déroulement, ne sera tolérée ».
« Comme dans tout autre pays membre des Nations Unies, il s’agit là de politique intérieure et relevant, en conséquence, de la souveraineté nationale », précisait le chef de l’Etat congolais.
Dénonçant la nomination de Tshibala et exigeant la mise en oeuvre de l’accord politique du 31 décembre dernier, le Rassemblement a, pour sa part, appelé à une journée de manifestations, lundi. Mais en raison d’un blocus sécuritaire sans faille, la principale coalition de l’opposition et ses partisans ont fini par opter pour une journée ville-morte.
Au cours de cette journée, plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées par les forces de l’ordre dont 44 à Kinshasa (capitale), selon l'ONU.