Lassaad Ben Ahmed
13 Juin 2019•Mise à jour: 17 Juin 2019
AA / Kinshasa/ Pascal Mulegwa
Représentée sous la bannière "Eglise du Christ au Congo ( ECC), l'Eglise protestante de la République démocratique du Congo (RDC) a dénoncé, jeudi, la violation de la loi électorale par la Cour constitutionnelle, qui a invalidé le week-end dernier une trentaine de députés dont 23 de l'Opposition en dehors des délais.
Deuxième plus grande confession religieuse au Congo-Kinshasa après l'Église catholique, "l'ECC constate avec regret la violation de la loi électorale par la Cour constitutionnelle qui a rendu les arrêts en dehors des délais. La loi stipule qu'elle ne peut pas les rendre au-delà des 60 jours ayant suivis la proclamation des résultats", a déclaré lors d'un point de presse, le pasteur Moïse Bwema, directeur de cabinet du président de l'ECC.
Ils ont été invalidés dans le cadre des contentieux électoraux qui opposent plusieurs candidats malheureux aux vainqueurs.
"On se rend compte que la Cour, censée garantir la justice dans ce pays, a violé la loi", a insisté le responsable, regrettant que ces arrêts soient "inattaquables".
Ayant été rendus hors délais, "est-ce qu'il faudra dire que ces arrêts n'ont aucun effet", a- t- il ajouté.
"C'est un gros risque que nous courons. A l'allure où vont les choses, il ne faut pas que les institutions perdent leur légitimité", a déclaré au cours de la même conférence de presse, Eric Senga, porte-parole de l'ECC.
Le ralliement de cette confession religieuse aux revendications de l'opposition intervient au lendemain de l'annonce d'une série de manifestations contre la Cour constitutionnelle. Lancées ce jeudi, elles se poursuivront jusqu'au 30 juin.
Ces manifestations incluent le boycott des activités parlementaires par les députés et sénateurs de l'opposition.
Annonçant ces manifestations, l'opposant Martin Fayulu a dénoncé « l’assassinat de la démocratie » par le président Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila.
Les députés invalidés de l'opposition ont été remplacés par ceux de la coalition de Joseph Kabila, le Front commun pour le Congo (FCC) qui dispose déjà d'une écrasante majorité à l'Assemblée nationale et au sénat.
Déjà minoritaire à l'Assemblée nationale, avec 114 députés sur les 500 que compte la chambre basse du parlement congolais, l'opposition se retrouve avec moins de 100 députés, suite à ces décisions de l’autorité judiciaire.
Le front commun pour le Congo (FCC) de l'Ex-président Joseph Kabila se voit, par ailleurs, réconforté dans sa majorité.
Avec ses 334 députés, la coalition pourrait avoir plus de 360 élus à l'Assemblée nationale suite aux arrêts de la Cour constitutionnelle.