Mohamed Hedi Abidellaoui
04 Mai 2017•Mise à jour: 05 Mai 2017
AA/ Kinshasa/ Pascal Mulegwa
Les médecins congolais observent, depuis jeudi, une grève partielle dans les hôpitaux et autres structures sanitaires pour dénoncer l’assassinat de deux médecins dans l’est et le centre de la République démocratique du Congo (RDC), a rapporté le correspondant d’Anadolu.
A l’initiative du Syndicat national des médecins (SYNAMED), les blouses blanches devraient assurer « un service minimum » durant trois jours afin de dénoncer « le meurtre du Dr Gildo Byamungu en avril dernier dans la cité d’Uvira au Sud-Kivu et celui d’un autre à Tshikapa dans le Kasaï », a déclaré à Anadolu le secrétaire général du Synamed, Mankoy Badjoki.
Selon Mankoy, cette action traduit un « deuil et une forte indignation » des blouses blanches qui dénoncent également l'«inefficacité » et l'« incapacité » de l’Etat et de ses services à « protéger les citoyens » sur son territoire.
Directeur de l’hôpital Kasenga à Uvira dans le Sud-Kivu (Est) et proche du gynécologue influent Denis Mukwege, le Dr Gildo Byamungu est décédé le 14 avril dernier de ses blessures après avoir été atteint par balles à son domicile par des inconnus.
La police congolaise avait annoncé quelques jours après l’arrestation d’un suspect pour ce meurtre.
Dans un communiqué mi-avril, le gouvernement français avait dénoncé le meurtre du Dr Byamungu, dont il a salué la mémoire d'un homme « engagé aux côtés du Dr Mukwege au sein de son hôpital de Panzi à Bukavu ».
La France avait, en outre, demandé à Kinshasa de « faire toute la lumière » sur ce drame.
Depuis plus de deux décennies, la RDC traverse une grave crise sécuritaire exacerbée par la non tenue des élections dont la présidentielle dans les délais (novembre 2016).
Cette impasse que Kinshasa justifie par le manque des moyens requis pour l’organisation d’élections générales a entraîné le maintien du président Joseph Kabila au pouvoir au-delà de son deuxième et dernier mandat constitutionnel, arrivé à terme le 19 décembre dernier.
L’opposition l’a, de son côté, accusé de manœuvrer en opérant un glissement du calendrier électoral.