Mohamed Hedi Abidellaoui
22 Juin 2017•Mise à jour: 26 Juin 2017
AA/ Kinshasa/ Pascal Mulegwa
Le Haut commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme n’ouvrira pas une enquête internationale et indépendante sur les violences meurtrières qui secouent la région du Kasaï dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC) depuis août dernier, a-t-on appris jeudi de source onusienne.
Apres un débat sur la résolution de la 35ème session des droits de l’Homme à Genève, un document qui devra être débattu vendredi prévoit l’envoi d’une équipe d’experts pour établir les faits et remettre des conclusions aux autorités judiciaires congolaises.
Le Conseil "prie" le haut commissaire aux droits de l'Homme "d'envoyer une équipe d'experts internationaux, y compris des experts de la région [..] pour recueillir et préserver l'information […] et de transmettre aux autorités judiciaires de la RDC les conclusions de cette enquête, afin d'établir la vérité et de veiller à ce que les auteurs de crimes déplorables soient punis", indique un document de travail consulté par Anadolu, jeudi.
Le même document renseigne qu’il sera demandé à Kinshasa, qui gardera la direction de cette enquête, de faciliter "les visites et l'accès au pays, aux sites et aux personnes, concernant les violations présumées des droits de l'Homme et les violations du droit international humanitaire".
Dans le cadre de cette enquête, le haut commissaire qui a récemment fait de la pression pour l’ouverture d’une enquête internationale, devra fournir l'assistance technique nécessaire aux autorités congolaises et présenter un rapport dans un an au Conseil.
Apres avoir envoyé la semaine dernière une équipe d’experts pour entendre des Congolais de la région du Kasaï refugiés en Angola, le haut commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme Zeid Ra'ad Al Hussein, a accusé mardi les autorités congolaises d’avoir armé une milice dite "Bana Mura" et qui aiderait les forces de sécurité congolaises à combattre la milice de Kamwina Nsapu.
Les Bana Mura ont récemment mené des attaques "horribles" contre des civils relevant des groupes ethniques luba et lulua dans la région du Kasaï. Ils auraient, selon les témoignages recueillis, auprès des refugiés, brûlé vifs ou mutilé des centaines de personnes.
En cours dans la région du Kasaï depuis août dernier, les violences sanglantes qui opposent les forces de sécurité congolaises aux miliciens de Kamwina Nsapu ont déjà fait 3 383 tués, selon un bilan présenté lundi par la nonciature de l’Eglise catholique romaine en RDC.