Mona Saanouni
21 Octobre 2020•Mise à jour: 21 Octobre 2020
AA / Tunis / Yousra Ouannes
Le président tunisien, Kais Saied, a souligné, mardi, que les tentatives de faire régresser le pays ne sont que des « tentatives infructueuses », sur fond des protestations contre un projet de loi amendant le secteur de l'audiovisuel.
C’est ce qui ressort d'un communiqué rendu public, mardi, par la Présidence de la République, à l'issue de la rencontre de Kais Saied avec le Secrétaire général de l'Union générale Tunisienne de travail (UGTT, Centrale syndicale), Noureddine Tabboubi.
Saied a déclaré que « le secteur des médias, qui s'est débarrassé, depuis la Révolution, de toutes les restrictions qui l'entravaient, œuvrera, à la faveur de la résolution sincère des professionnels libres et intègres, à impulser sur la voie de surmonter les lacunes dont souffre la scène médiatique aujourd'hui ».
Il a mis en exergue son « souci de garantir les libertés et de faire respecter les dispositions de la Constitution, ainsi que la nécessité de se focaliser sur la réalisation des victoires du peuple tunisien, en particulier, ses aspirations au travail, à la liberté et à la dignité ».
Le chef de l’Etat a ajouté que « la souveraineté et la sécurité nationale de la Tunisie font partie des questions qui doivent demeurer au-dessus de toute autre considération et que les tentatives de faire régresser le pays ne sont que des tentatives infructueuses et sans lendemain ».
De son côté, Tabboubi a relevé que «la polémique soulevée autour du secteur des médias ne fait pas partie de nos priorités. La Tunisie évolue actuellement au rythme d’une démocratie naissante, raison pour laquelle une formule participative et collaborative dans plusieurs questions est requise ».
« La réforme du secteur de l’information nécessite de commencer par le traitement de la situation précaire de l’emploi des journalistes, de la garantie de la sécurité sociale, et de les protéger contre les pressions exercées sur ce corps de la part de certains lobbys politiques ou financiers », a-t-il insisté.
A l'appel du Syndicat national des Journalistes (SNJT, indépendant), des dizaines de journalistes et de militants de la Société civile ont observé, plus tôt dans la journée du mardi, un sit-in devant le siège du Parlement, en signe de rejet contre le projet d'amendement de la loi 116 relatif à l'organisation du secteur de l'audiovisuel.
Cette protestation coïncide avec la soumission du projet de loi à une séance plénière du Parlement.
Les amendements portent sur la composition de l’actuelle Haute Autorité Indépendante pour la Communication Audiovisuelle (constitutionnelle indépendante), et son renouvellement, l'annulation de l'autorité de la HAICA dans l’octroi des accords préalables à la création de nouvelles chaînes de télévision et l'institution du principe de la déclaration pour garantir l’existence légale des médias après leur parution.
*Traduit de l'arabe par Hatem Kattou