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27 Mai 2023•Mise à jour: 27 Mai 2023
AA / Istanbul / Mohammad Al-Ragawi
Le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est dit préoccupé par l'appel lancé par le chef de l'armée soudanaise, Abdelfattah al-Burhan, visant à révoquer l'envoyé de l'organisation internationale, Volker Perthes.
Antonio Guterres "est choqué par une lettre qu'il a reçue du président du Conseil de souveraineté du Soudan" dans laquelle il demande à ce que Volker Perthes soit démis de ses fonctions, a déclaré le porte-parole de l'ONU, Stephane Dujarric, dans un communiqué.
"Le Secrétaire général est fier du travail accompli par Volker Perthes et réaffirme sa pleine confiance en son envoyé spécial", a ajouté Dujarric.
Dans sa lettre, Al-Burhan, chef du Conseil de souveraineté au pouvoir dans le pays, a exprimé son mécontentement à l'égard de la prestation de l'envoyé de l'ONU, indiquent les médias soudanais.
Le chef de l'armée a accusé Perthes de répandre des informations erronées sur la conclusion d'un consensus sur l'accord-cadre soudanais, alors que la réalité est en fait tout à fait autre.
Signé le 5 décembre 2022, l'accord-cadre prévoit une période de transition de deux ans et la nomination d'un premier ministre civil par les partis politiques signataires de l'accord.
Al-Burhan a également accusé l'envoyé de l'ONU d'être à l'origine de perceptions négatives à l'égard du Soudan au sein de l'organisation internationale.
Au moins 863 civils ont été tués et des milliers d'autres blessés depuis le 15 avril dans les affrontements qui opposent l'armée soudanaise au groupe paramilitaire des Forces de soutien rapide (FSR), selon des médecins locaux.
Un désaccord avait vu le jour ces derniers mois entre l'armée soudanaise et les FSR au sujet de l'intégration du groupe paramilitaire au sein des forces armées, une condition essentielle de l'accord de transition conclu entre les groupes politiques et l'armée soudanaise.
Le Soudan n'a plus de gouvernement effectif depuis octobre 2021, date à laquelle l'armée a destitué le gouvernement de transition du premier ministre Abdalla Hamdok et déclaré l'état d'urgence, une décision dénoncée par les forces politiques comme un "coup d'État".
La période de transition du Soudan, qui a débuté en août 2019 après l'éviction du président Omar al-Bashir, était censée aboutir à des élections au début de l'année 2024.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj