Tchad : Déby promulgue la nouvelle constitution controversée
Esma Ben Said
04 Mai 2018•Mise à jour: 06 Mai 2018
Chad
AA / Pascal Mulegwa
Le président tchadien Idriss Déby Itno a promulgué vendredi la nouvelle Constitution annonçant la IVe République tchadienne, sur fond de contestation de l'Opposition.
Adoptée lundi 30 par le Parlement, cette constitution dont le texte est issu des résolutions d’un forum rassemblant les forces politiques, religieuses et sociales du pays, tenu en mars mais boycotté par l’opposition et une partie de la société civile - a été promulguée vendredi au cours d’une cérémonie officielle au palais du 15 Janvier dans la capitale Djamena.
Le texte renforce les pouvoirs du président tchadien avec la mise en place d’un régime présidentiel intégral, sans Premier ministre ni vice-président.
Les ministres, nommés par le président, prêteront serment devant celui-ci, qui pourra également « déléguer certains de ses pouvoirs aux ministres ».
Selon le nouveau texte, le gouvernement est responsable devant le président Deby et non l'Assemblée nationale. Le président peut aussi dissoudre l'Assemblée s'il le souhaite.
La veille, Le Premier ministre Albert Pahimi Padacké et son gouvernement ont remis leur démission à Déby qui gère le pays depuis vingt-huit (28) ans.
Une vingtaine de députés de l'opposition ont déposé mercredi un recours en annulation contre le projet de loi constitutionnelle. Le Conseil constitutionnel a rejeté jeudi cette requête à l’issue de la plénière.
L’opposition, la société civile et l’Église catholique avaient demandé que la nouvelle Constitution soit adoptée par référendum et non par voie parlementaire .
Travailler, élaborer et promulguer une nouvelle Constitution était une des promesses phares du président Déby lors sa campagne.
Ce dernier promettait "un Tchad nouveau", avec une nouvelle carte administrative, des institutions revues avec un exécutif sans Premier ministre ni vice-président.
Lors de la promulgation de la nouvelle Constitution vendredi, le président Déby a annoncé une "amnistie générale de tous les Tchadiens", provoquant dans la salle une ovation de l'assemblée au Palais de 15 janvier.