Lassaad Ben Ahmed
08 Juin 2021•Mise à jour: 08 Juin 2021
AA / Peter Kum
Le ministre tchadien de l'Administration du territoire et de la décentralisation, Mahamat Bechir Cherif, a signé le mardi 8 juin, un arrêté accordant l'autorisation au parti politique "Les Transformateurs" de l’opposant Succès Masra.
Le parti est composé du président national Dr. Assyongar Masra Succes, de quatre vice-présidents et d'une conseillère, chargée de l'implication des personnes âgées.
« Avec une pensée pieuse pour les 16 militants marcheurs tombés pour la justice, je vous annonce que la justice a triomphé et l'administration a pris une décision a posteriori ce 08 juin 2021 pour dire qu'elle reconnaît officiellement Les Transformateurs comme parti politique », a annoncé l’opposant Succes Masra dans un tweet.
« Les vrais combats sont devant nous et nous allons arriver à la terre promise de Transformation de notre Pays pour les 16 millions de Tchadiens, dans la justice et la dignité. Merci à vous tous qui avez toujours cru en notre détermination et vous qui étiez dans l'hésitation, plus que jamais nous avons besoin de vous, de votre intelligence, de votre talent, de votre engagement et même prière. Le Tchad a besoin de vous pour sa transformation », a-t-il poursuivi.
Lors de la présidentielle d’avril dernier, la candidature de Succès Masra avait été rejetée au motif, entre autres, que son parti n'était pas « légalement constitué » et pour ne pas avoir l'âge légale minimale de 40 ans requise pour être candidat.
Succès Masra, 38 ans, bardé de diplômes qui lui promettaient une brillante carrière internationale, avait décidé de quitter ses fonctions à la Banque africaine de développement (BAD), pour entrer dans l’arène politique tchadienne, avec l'ambition de gouverner le Tchad.
« Le but premier et le seul objectif de notre engagement politique dans notre pays est de transformer la vie des Tchadiens et des Tchadiennes en transformant ce pays en terre d’opportunités, de justice, et de protection. Je suis arrivé à la conclusion que mon pays, malgré ses ressources naturelles abondantes (or, pétrole), une large superficie (1 284 000 m²), demeure dernier en matière de compétitivité (140e sur 140 pays au monde), d’indice de capital humain (157e sur 157 pays), d’éducation, de santé… La faute à quoi ? Au manque de leadership serviteur. Malgré les opportunités que j’avais à l’international, en tant qu’économiste à la Banque africaine de Développement (BAD), malgré la possibilité d’avoir une perspective de carrière personnelle reluisante, à quoi sert de parcourir le monde si dans son propre pays, l’accès à l’eau, à l’électricité, aux conditions de soin n’est pas possible ? », s’est-il confié à l'Agence Anadolu.
Son parti avait organisé des manifestations à la veille de la présidentielle pour barrer la voie à un sixième mandat d’Idriss Deby, défunt. Ces marches ont causé des morts et des blessés.