Lassaad Ben Ahmed
29 Avril 2021•Mise à jour: 30 Avril 2021
AA / Peter Kum
L’Union Africaine (UA) a souligné dans communiqué qu’elle avait dépêché, jeudi, au Tchad une mission d’enquête « aux fins de discuter avec les autorités tchadiennes de toutes les questions relatives à la situation dans le pays, en particulier pour soutenir l'enquête sur le meurtre du défunt président Idriss Deby Itno, et s’instruire des faits dans le but de rétablir l’ordre constitutionnel ».
La mission qui est arrivée au Tchad le jeudi 29 avril, va pendant sept jours chercher à « obtenir des informations de première main auprès des autorités tchadiennes et des parties prenantes ».
Les informations à obtenir par cette mission conduite par le Commissaire de l'UA aux Affaires politiques, à la paix et à la sécurité, Bankole Adeoye, ainsi que par le président du CPS (Conseil de paix et de sécurité) pour le mois d'avril 2021, Idriss Farah de la République de Djibouti, concernent « l'évolution de la situation politique et sécuritaire » du Tchad.
Les enquêteurs vont aussi examiner « les stratégies visant à faciliter un retour rapide à l'ordre constitutionnel et à la gouvernance démocratique, tout en préservant la sécurité et l'intégrité territoriale du Tchad ».
Pendant ses rencontres avec les parties prenantes concernées, « la mission examinera les questions essentielles liées à la paix et à la stabilité durables du Tchad, notamment la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent, la rébellion armée et la criminalité transnationale organisée ».
Cette mission est composée de la Commission de l'UA, avec la participation de cinq membres du CPS de l'Union africaine (UA), ainsi que de la République démocratique du Congo en sa qualité de président de l'UA.
Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi qui est par ailleurs le président de l’UA, et son homologue français Emmanuel Macron ont condamné mardi les violences qui ont éclaté au Tchad le 27 avril après la mort du président Déby et la prise du pouvoir par un Conseil de transition militaire.
Dans un communiqué commun, les deux présidents ont demandé la cessation de toutes les formes de violence et rappelé leur soutien à « un processus de transition inclusif, ouvert à toutes les forces politiques tchadiennes, conduit par un gouvernement civil d'union nationale et devant mener le pays à des élections dans un délai de 18 mois ».
Une semaine après la mort du président tchadien Idriss Déby Itno, des manifestations contre la transition militaire ont eu lieu à N'Djamena et dans le sud du Tchad, mardi 27 avril, et ont vu la mort de six personnes selon les autorités, neuf personnes selon la société civile.
Les manifestations organisées mardi avaient été interdites par le Conseil militaire de transition (CMT) dirigé par le général Mahamat Idriss Déby, qui a pris le pouvoir, abrogé la Constitution et dissous le gouvernement et l'Assemblée nationale, en promettant des « élections libres et démocratiques » dans 18 mois.