Esma Ben Said
16 Novembre 2017•Mise à jour: 17 Novembre 2017
AA/ Lomé/ Alphonse Logo
Plusieurs milliers de Togolais étaient de nouveau dans la rue jeudi à l’appel de l’opposition pour demander le départ du président Faure Gnassingbé du pouvoir, le retour à la Constitution de 1992 et la libération des détenus d’opinion, après des semaines de mobilisation populaire, a constaté le correspondant de Anadolu.
Malgré l’annonce d’un dialogue imminent, les tentatives de conciliations préalables qui ont commencé en début de semaine avec Albert Kan Daapah, émissaire du président Ghanéen Nana Ado Akufo, la mobilisation de l’opposition togolaise ne semble pas s'essouffler.
« Oui nous avons commencé à parler de dialogue. Mais plus que jamais nous devons rester mobilisés. Le moment n’est pas encore venu pour baisser la garde. Nous n’avons pas encore obtenu ce que nous voulons et la mobilisation continue » a indiqué à Anadolu, en marge de la marche, Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, coordinatrice des forces démocratiques de l’opposition togolaise (coalition des 14).
La coordinatrice a expliqué que « la marche de ce jeudi a été organisée pour indiquer à l’autorité administrative que tous les Togolais sont égaux devant la loi et doivent au besoin s’exprimer comme la Constitution togolaise le leur permet ».
« Il faut libérer tous ceux qui sont abusivement détenus dans les prisons. Ensuite, il faut lever le siège sur Sokodé, Bafilo et Mango. Faire en sorte que les Togolais de ces localités puissent aussi exercer le droit de manifester » a-t-elle martelé.
Dans ces localités situées entre 350 et 500 Km au nord de Lomé la capitale, le gouvernement interdit toute manifestation de l’opposition depuis plusieurs semaines. Aucun regroupement de militants de l’opposition n’est possible sans qu’ils ne soient dispersés par des bombes lacrymogènes.
La semaine dernière, Col Yark Damehame, ministre de la sécurité du Togo avait expliqué lors d'une conférence de presse tenue à Lomé que « tant que les armes volées (durant les manifestations) ne seront pas retrouvées, des manifestations de l’opposition sont interdites dans ces localités » .
« Un abus d’autorité » avait aussitôt dénoncé Jean Pierre Fabre, Chef de fil de l’opposition togolaise.
Depuis trois mois maintenant, l’opposition togolaise organise des manifestations de rue. Sévèrement réprimés en grande partie à l’intérieur du pays, 16 personnes y ont déjà perdu la vie, d'après l'opposition qui prévoit de nouvelles manifestations vendredi.