Adel Bin Ibrahim Bin Elhady Elthabti
09 Février 2022•Mise à jour: 09 Février 2022
AA / Tunis
L'organisation Human Rights Watch (HRW, basée à New York) a mis en garde, mercredi, contre une "escalade dangereuse" dans l’application des mesures exceptionnelles.
C'est ce qui ressort de son communiqué soulignant que "les autorités tunisiennes dissimulent sous certaines assignations à résidence des détentions secrètes sous prétexte d’état d’urgence".
De son côté, Salsabil Chellali, directrice du bureau de Tunis de Human Rights Watch a déclaré que "le refus de dévoiler le lieu de détention d’une personne est un pas alarmant vers l’État de non-droit", ajoutant que l’état d’urgence sans cesse prolongé depuis 2015 "ne justifie en rien".
Salsabil Chellali a appelé à "immédiatement mettre fin à ces détentions arbitraires ou utiliser la voie légale, en toute transparence, pour permettre un recours en justice".
"Les mesures d’exception octroyées par le décret d’urgence sont utilisées de manière abusive et sans contrôle judiciaire, faisant resurgir le spectre des détentions secrètes", a-t-elle mis en garde.
Jusqu'à l'heure, les autorités tunisiennes n'ont émis aucun commentaire à ce sujet.
Cependant, le président Kaïs Saïed a justifié à plusieurs reprises sa décision de prolonger les mesures d’exception par le "péril imminent" qui plane toujours sur le pays.
Le ministre de l'Intérieur, Taoufik Charfeddine, a annoncé que Bhiri et l'ancien responsable du ministère de l'Intérieur, Fathi Baldi, ont été placés en résidence surveillée pour "soupçons de terrorisme", sur fond d'obtention de documents voyage et de citoyenneté de "manière illégale".
L’affaire Bhiri s’est déclenchée sur fond de crise politique que traverse la Tunisie depuis le 25 juillet dernier, lorsque Kaïs Saïd a imposé des mesures "exceptionnelles", dont notamment le gel des compétences du Parlement, la promulgation des lois par décrets présidentiels, la destitution du Premier ministre et la formation d’un nouveau gouvernement.
La majorité des forces politiques et civiles tunisiennes rejettent ces mesures qu'elles considèrent comme un "coup d'État contre la Constitution", tandis que d'autres forces les soutiennent, y voyant une "correction du cours de la révolution de 2011", qui a renversé le président de l'époque, Zine el-Abidine Ben Ali (1987-2011).
*Traduit de l'arabe par Hajer Cherni