Yosra Ouanes
11 Janvier 2018•Mise à jour: 11 Janvier 2018
AA/ Tunis/ Imane Ghali
L’Union générale des travailleurs tunisiens (première centrale syndicale, UGTT) a appelé les partis politiques tunisiens de cesser d'échanger des accusations de "responsabilité des actes de violence".
C’est ce qui ressort d’une allocution à Noureddine Taboubi, Secrétaire-général de la centrale syndicale, en marge de sa participation, jeudi, à l’inauguration du neuvième congrès régional de l’UGTT, dans la ville d’Ariana dans le nord de la capitale tunisienne, Tunis.
Le Premier ministre tunisien, Youssef Chahed, a accusé, mercredi, ce qu'il a qualifié de "réseaux de la corruption" ainsi que le Front populaire (coalition d’opposition de gauche, 15 députés), d’inciter à la violence et au vandalisme, ce qu’a nié le Front, jeudi.
"Nous rejetons le chaos. Nous appelons à exercer une pression positive. Nous soutenons également les protestations à condition qu’elles soient encadrées (organisées) ", a lancé Taboubi.
"Nous appelons la classe politique tunisienne à encadrer le peuple dans le cadre de ce soulèvement (protestations) ", a-t-il renchéri, appelant à ce que les rassemblements soient organisés par les politiciens pour éviter le chaos.
Il a souligné la nécessité d'être vigilant à l'égard des "pillages, du vandalisme, des atteintes aux biens privés et publics et aux cambriolages criminels".
Le Secrétaire-général de la centrale syndicale a également souligné que l'expérience tunisienne est "ciblée (sans spécifier de parties), et que l'UGTT sera opposée à quiconque voudrait saboter le pays".
La Tunisie est considérée comme le seul succès démocratique parmi les pays du printemps arabe ayant éclaté en 2011. Cependant, huit gouvernements ont pris le relais depuis lors, aucun d'entre eux n'a été en mesure de résoudre les problèmes économiques croissants.
Depuis lundi dernier, des appels ont été lancés via les réseaux sociaux dans le but de manifester à Tunis et dans plusieurs régions du pays "en signe de protestation contre la hausse des prix, introduite par la nouvelle loi de finances de 2018, et pour réclamer le développement des régions défavorisées de l’intérieur".
Pour faire face à la situation économique jugée «très difficile» que traverse le pays, le gouvernement a adopté dans la loi de finances entrée en vigueur le 1er janvier 2018, des réformes «douloureuses mais nécessaires» afin de réduire le déficit du budget de l’Etat (6% du PIB en 2017).
Les nouvelles mesures portant sur l’augmentation des prix des carburants et autres produits (forfaits internet, parfums, carte de recharge, produits cosmétiques) considérés comme «non essentiels» et introduisant de nouvelles taxes, ont provoqué une flambée des prix et porté un coup dur au pouvoir d’achat des classes sociales pauvres et moyennes.