Lassaad Ben Ahmed
19 Novembre 2017•Mise à jour: 19 Novembre 2017
AA/Tunis/Bouazza Ben Bouazza
La mort samedi à Paris du couturier tunisien Azzedine Alaïa a suscité des réactions élogieuses dans les milieux officiels et médiatiques en Tunisie, qui ont rendu un hommage unanime à cette «légende de la haute couture parisienne».
Dans un communiqué annonçant le décès, le ministère tunisien de la Culture rend hommage au natif de la Médina de Tunis (1940) et trace le long chemin qu’il a parcouru avant de devenir «l’un des plus importants couturiers à l’échelle mondiale».
Il a été primé par deux prix lors des Oscars de la mode, organisé par le ministère français de la Culture en 1984.
Le communiqué rappelle que la notoriété acquise par ce promu de l’Ecole des beaux arts de Tunis l’a conduit à habiller des stars de Hollywood et des personnalités politiques célèbres dont Michelle Obama, l’épouse de l’ancien président des Etats-Unis, la chanteuse américaine Jannet Jackson, la Britannique Victoria Beckham des Spice Girls.
Avant d’atteindre cette gloire, Azzedine Alaïa qui a contracté «cette passion», tout jeune, auprès de sa sœur Hafidha, a commencé son parcours de combattant entre petits boulots (chez Dior, etc.) et une chambre de bonne au 6ème étage, avant de rejoindre Guy Laroche, Thierry Mugler et Izet Curi.
Ses créations feront la couverture des plus prestigieux magazines de mode.
«En 50 ans de travail et sans tomber dans la promotion, il a développé un style à contre-courant duquel ont découlés des créations «sensuelles» très prisées dans les milieux de la haute couture. Il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour se forger une solide réputation aux États-Unis», écrit pour sa part le journal en ligne Businessnews.
«Il était connu pour son anticonformisme, sa farouche indépendance et son évolution en marge du système. Parmi les top-modèles avec lesquelles il a beaucoup travaillé, Naomi Campbell qui, à ce qu’on dit, l’appelait «papa».
«Assoiffé d’indépendance, il lance, en 1980, la marque Azzedine Alaïa».
«Petit de taille, grand de valeur, immense de talent... Alaia n'était pas seulement une "griffe" de haute couture, mais une touche de glamour. Jusqu'au bout, il était resté très tunisien», salue le magazine.
Selon le communiqué du ministère de la Culture, celui que la presse de la mode appelait «le maître», aurait formulé le souhait d’être inhumé en Tunisie.